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Violences politiques -GUINEE-

12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 22:24
Guinée Armée      Paru dans le JDD

Les soldats du capitaine Camara, à Conakry. (Reuters)

"Où sont les femmes?" Le responsable de l’hôpital Donka à Conakry, en Guinée, tarde à répondre, puis glisse, embarrassé: "Aucune n’est venue se présenter ici." Le docteur urgentiste Joseph Bayen reste interloqué, et comprend que la vérité est ailleurs. Massacres et viols à huis clos.

Depuis l’arrivée au pouvoir de la junte du capitaine Moussa Dadis Camara en décembre 2008, la lune de miel avec les habitants du pays a tourné au cauchemar. Le 28 septembre dernier, la capitale est le théâtre d’un carnage qui provoque la mort de 157 opposants et fait près de 1200 blessés ; les Etats-Unis et la France ont demandé, samedi, l’ouverture d’une commission d’enquête internationale sur les circonstances de ce drame.

"Une volonté de nous cacher quelque chose"

"Je suis très inquiet, poursuit le Dr Bayden, qui vient de rentrer de Conakry. Il est clair que, lors de notre visite à l’hôpital, il y avait une volonté de nous cacher quelque chose, de ne pas nous montrer les blessés les plus graves. Et surtout, il n’y avait aucune présence féminine. Or, les viols de femmes sont avérés." Lors de la visite guidée de l’hôpital, sous haute surveillance, le médecin français n’aura accès qu’à trente personnes, trente hommes dont deux seulement sont à peu près correctement soignés. Il n’y a, bien sûr, pas d’électricité, pas d’antibiotiques, ni de perfusions, ni d’oxygène, et encore moins de morphine pour soulager les malades.

Mais il y a surtout, selon ses observations, une volonté sourde de ne pas laisser son équipe apporter des soins, même légers. Un chirurgien guinéen tentera bien d’entraîner son homologue étranger à soigner un patient gravement blessé. Mais il en sera empêché. Le Dr Bayden est rentré en France et la Guinée s’est refermée sur elle-même

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