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Violences politiques -GUINEE-

8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 11:15


" Les Forces vives sont une et indivisibles"
jeudi 5 novembre 2009

Le mardi 3 novembre 2009, certains membres des Forces vives guinéennes ont été exclus de la salle polyvalente de Kosyam où devait les rencontrer le facilitateur, Blaise Compaoré. El hadji Mamadou Sylla, président de l’Union démocratique de Guinée, membre de la Coordination du Forum des Forces vives de Guinée, en faisait partie. Votre journal l’a approché le mercredi 4 novembre 2009, avant la remise du mémorandum au Président du Faso, pour connaître les dessous de ce qui a semblé être une graine de division entre les membres de l’opposition guinéenne. Ce dernier nous a référé, aux environs de 17h, à son secrétaire national chargé des affaires politiques, Soriba Sorel Camara, qui, dans l’interview qui suit, explique ce qui s’est passé et assure qu’il n’y a aucune division au sein des Forces vives.

 


Le Pays : Le mardi 3 novembre 2009, El hadji Mamadou Sylla, comme d’autres membres des Forces vives, a été exclu de la salle polyvalente sous prétexte qu’il n’avait pas son nom sur la liste de la délégation officielle. Que s’est-il passé ?


Soriba Sorel Camara
 : Ce problème fait couler beaucoup d’encre, jusqu’à Conakry. Mais je pense que la dynamique dans laquelle nous évoluons doit être comprise. Nous sommes membres de la Coordination des Forces vives, je peux même dire que nous sommes l’un des grands bailleurs matériels des Forces vives. La crise qui secoue la Guinée est en train d’être gérée à différents niveaux. Le niveau le plus important et auquel le peuple guinéen prête attention est la médiation de Son Excellence monsieur le président du Faso, qui a été désigné par ses pairs de l’UA et de la CEDEAO. Il y a des missions qui ont eu lieu à Abuja. Au cours de ces missions, El hadji Mamadou Sylla était malade. Le fait de manquer à ces missions a été l’objet de plusieurs interprétations. Cette fois-ci, il a délégué son chargé des affaires politiques, c’est-à-dire moi, aux Forces vives en tant qu’expert devant réfléchir sur tous les problèmes de la transition. Mais El hadji Mamadou Sylla a également décidé, en plus de son délégué invité officiellement par le président du Faso, de venir également pour assister personnellement à ce qui se passe ici en tant que leader comme les autres. Mais les gens sont tellement obsédés par une sortie rapide de crise que tout le monde est venu. Il y en a qui sont venus avant la délégation officielle et d’autres d’un peu partout d’Afrique et même d’Europe et d’Amérique. Ils sont très pressés pour une paix durable en Guinée.


Le Pays : Quand êtes-vous venu à Ouagadougou ? Etiez-vous avec la délégation officielle ?


 Moi, je suis venu avec la délégation officielle. Mais nous avons trouvé des Guinéens volontaires qui étaient déjà là. On est venu le 3 novembre à 3h du matin. Nous avons quitté Conakry le 2 novembre, mais les transactions à l’aéroport nous ont retardés.


Le Pays : Mais il a été question d’une liste. Comment s’est-elle établie et comment se fait-il que certains n’y trouvent pas leur nom ?


 Vous savez, pour une médiation, il y a des techniques. Il y a le volet concertations avec le médiateur mais il y a aussi le volet travaux des experts. C’est-à-dire que l’orientation issue de la concertation avec le médiateur est traduite dans les réflexions sur document en direction du médiateur pour débat. Hier (mardi 4 novembre, ndlr), il était question de rencontrer le Président du Faso. Nous, nous sommes venus à 3h du matin. On n’a donc pas eu le temps de se concerter pour savoir qui devait aller et qui devait rester dans les commissions en qualité d’expert. Tout le monde s’est mobilisé pour y aller parce que les gens n’arrivaient pas à comprendre que le président n’avait besoin que de rencontrer cinq ou dix personnes pour orienter les travaux du groupe des experts dans l’esprit de la médiation. Il y avait donc une liste à la porte [de la salle polyvalente]. Si tu y trouves ton nom, tu entres. Si tu n’y trouves pas, tu retournes. El hadji Mamadou Sylla n’avait pas les informations. Il s’est présenté à la porte. N’ayant pas trouvé son nom, il s’est retourné. Il n’est même pas entré dans la salle pour qu’il soit question de le refouler. Et lorsqu’il s’est retourné, il a compris qu’il devrait rejoindre le groupe des experts et des techniciens qui devraient travailler suite aux orientations qui seront transmises aux leaders qui ont été reçus. Pour une question d’honneur et de grandeur, ils ont accepté de dépasser ces petits détails d’être reçu ou ne pas l’être par un chef d’État. Ils ont accepté que les uns aillent chez le président tandis que les autres restent dans les travaux de commissions. Et pour preuve, sur un effectif de près d’une trentaine , il n’y a qu’une dizaine qui est allée, et sur la dizaine, il n’y a que cinq à six partis politiques, trois des syndicats et deux de la société civile. Chacun a accepté. C’est en cela que El hadji Mamadou Sylla est revenu dans la grandeur et n’a pas été frustré et on a continué à travailler.


Le Pays : Avez-vous participé à la concertation de ce mercredi ?


J’ai participé à la concertation de ce mercredi matin et je suis le représentant de El hadji Mamadou Sylla dans toutes les commissions. Après que le mémorandum lui sera remis, le président du Faso va inviter le groupe du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, ndlr) et eux aussi vont déposer leurs avis. Et il est très compétent et très pédagogue en cette matière. Je respecte beaucoup monsieur le président du Faso. Il n’a pas été choisi pour rien. On l’a suivi au Togo, en Côte d’Ivoire et un peu partout en Afrique. Je crois qu’il va faire la comparaison, confronter les deux documents, en sortir une synthèse au titre des propositions. A la seconde étape, il va appeler chaque partie pour présenter sa réflexion issue de la synthèse des travaux. Et la troisième étape, je pense que c’est la table ronde ou le dialogue sur table entre les deux parties à partir de la synthèse qui a été faite.


Le Pays : Il n’y a donc pas de dissension au sein des Forces vives ?


Il n’y a pas de dissension entre les Forces vives. Les rumeurs ont circulé. Ceux qui n’avaient pas compris, hier nuit aux environs de 18h jusqu’à 22h, avant d’entamer le travail sur la documentation (le mémorandum, ndlr) on s’est expliqué entre nous. Les malentendus liés au manque d’information ont été gérés et on s’est remis encore dans la même assiette, dans la même dynamique consensuelle des Forces vives et on a évolué. Ce qui a donné le document qui doit être remis aujourd’hui (mercredi 4 novembre à 18h, ndlr) à Son Excellence, monsieur le Président du Faso. Les Forces vives guinéennes sont une et indivisibles. Mais nous savons que dans les mentalités, dans les pédagogies politiques, il y a quand même des combats de leadership. Mais pour le moment, on n’est pas arrivé à ça. Nous sommes en train de nous organiser pour sortir de cette transition.


Le Pays : Autrement, les divergences ne sont pas totalement exclues ?


Non. Cela se passe partout. Dans un dialogue entre quatre ou six personnes ou même trois, il faut s’attendre à divers courants d’idées et de pensées. Mais cela ne veut pas dire que la dynamique derrière laquelle tout un peuple évolue doit être effritée pour des intérêts personnels et égoïstes. C’est en cela qu’à l’UDG, notre philosophie, c’est le consensus et le compromis pour un dialogue apaisé en faveur de la paix et de l’unité de tout le peuple guinéen et dans l’intérêt de l’Afrique tout entière.


Le Pays : Peut-on connaître quelques points du contenu du mémorandum ?


Je crois que fondamentalement on n’est pas autorisé à faire du déballage. C’est un processus. On doit garder la discrétion autour de nos documents en attendant que le CNDD aussi en parle. Mais moi, je sais que la transition que nous avons proposée est très simple. Elle doit avoir une durée de six mois. Elle doit avoir une autonomie démocratique sur le plan des institutions, sur le plan de l’autorité de la transition, c’est-à-dire le Conseil national de transition (CNT), et tous les autres éléments qui doivent régler le processus électoral pour qu’on aille rapidement à l’ordre constitutionnel. La transition sera dirigée par un Premier ministre. On veut sortir du débat "président-président". Il faut éviter que dans la transition, le pouvoir ne grise les hommes. Il faut que désormais ce Premier ministre soit bien suivi par le CNT, qui a non seulement la mission du toilettage des textes mais aussi de suivre et évaluer la transition. Elle doit être précédée de la mise en place d’une charte de la transition qui va régler le reste des problèmes.

 


Propos recueillis par Abdou ZOURE

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