Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Violences politiques -GUINEE-

18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 11:25

 

«L'objectif primordial des forces vives est le départ de Dadis et l'organisation d'élections ..» Dit le Président
A l'occasion du match Côte d'Ivoire-Guinée qui s'est joué à Abidjan le samedi dernier, Guinéenews© a reçu le président des Nouvelles Forces Démocratiques Mouctar Diallo pour parler des motifs de sa présence en Côte d'Ivoire et de situation sociopolitique de la Guinée après les événements du 28 septembre 2009. Exclusif.

Guinéenews© : Quel est le motif de votre séjour en Côte d'Ivoire ?

Mouctar Diallo :
Je suis venu à Abidjan sur décision du bureau exécutif du parti NFD pour suivre un traitement médical efficace. Je continue à avoir constamment des maux de tête et du vertige depuis que j'ai reçu les coups sur ma tête lors du massacre du 28 septembre 2009.

Guinéenews© : Avez-vous peur de rentrer en Guinée aujourd’hui ?

Mouctar Diallo :
Je suis absent de la Guinée pour des raisons médicales qui constituent une exigence et une priorité et même une contrainte majeure. Sans la santé, on ne peut rien faire. C'est ce qui justifie la présence de beaucoup de leaders à l'extérieur après les événements du 28 septembre 2009. Il y a aussi les raisons de sécurité comme vous le dites. Sachez que nous avons l'obligation de préserver nos vies pour continuer à mener efficacement le combat pour le développement économique de notre pays. Vous savez, on dit qu'il est plus difficile de vivre pour ses convictions que de mourir pour ses convictions. Mais, rassurez-vous que je rentrerais au pays lorsque mon état de santé va s'améliorer.

Guinéenews© : Qu'en dites-vous de la création d'un gouvernement d'union nationale ?

Mouctar Diallo :
Vous savez, quand on parle de médiation, on parle de discutions, d'échanges et de négociations. Donc, il faut nécessairement que chaque partie puisse s'expliquer. Il reste clair que l'objectif primordial des forces vives est le départ de Dadis et l'organisation d'élections libres et transparentes pour rétablir l'ordre constitutionnel. Et cela n'est pas négociable. Maintenant dans les discutions, on peut voir la façon et le moment de faire partir la junte sans qu'aucun Guinéen ne soit tué. Et qu'aucun Guinéenne ne soit violée. A ce niveau, il faut nécessairement faire des réflexions au médiateur pour voir la meilleure formule possible.

Guinéenews© : Êtes-vous prêt à y participer ?

Mouctar Diallo :
Seul mon parti décidera de ça. J'appartiens à un parti bien structuré capable de faire des reflétions approfondies afin de prendre des décisions justes et profitables à tous. Ce n'est pas à moi de me prononcer sur cette question.

Guinéenews© : Quel est le schéma idéal pour la sortie de crise selon vous ?

Mouctar Diallo :
Le schéma idéal est de mettre en place dès maintenant, une autre structure qui va gérer la transition. Et que cette structure ait à la fois les pouvoirs juridique et humain pour influencer positivement la gestion de la transition. Cela pourrait permettre aux forces vives d'influencer la participation de Dadis, les membres du CNDD et du gouvernement au moment des élections. C'est le combat des forces vives.

Guinéenews© : Que feriez-vous si le capitaine Dadis se présente aux élections présidentielles ?

Mouctar Diallo :
Le capitaine Dadis et le CNDD savent qu'ils ne peuvent rien seuls contre les Guinéens et la communauté internationale. Ils seront obligés de coopérer en mettant l'intérêt du peuple de Guinée en avant. Car, la stabilité et la paix en Guinée en dépendent.

Guinéenews© : Croyez-vous en la sincérité de la commission d'enquête nationale mise en place par le capitaine Dadis pour faire la lumière sur le massacre du 28 septembre 2009 ?

Mouctar Diallo :
Pas du tout. Parce qu'on ne peut pas être juge et partie civile à la fois. C'est la garde rapprochée de Dadis qui a conduit les opérations du massacre au stade du 28 septembre. Donc, que le CNDD mette en place une commission d'enquête nationale pour faire la lumière sur les tueries du 28 septembre 2009, nous doutons très fortement. On ne peut pas scier la branche sur laquelle on est assis. Donc, on devrait aider la commission d'enquête internationale à travailler efficacement afin qu'on puisse faire toute la lumière sur ce massacre.

Guinéenews© : Les forces vives seraient-elles divisées aujourd'hui après l'incident de Ouaga ?

Mouctar Diallo :
Pas du tout. C'est vrai qu'il y a eu des erreurs concernant M. Lansana Kouyaté et moi-même. Mais, il faut saluer la grandeur des leaders politiques qui ont présenté leurs excuses pour pouvoir laver le linge sal en famille. C'est ce qui est important. En ce qui me concerne, vous savez, dans notre pays les jeunes sont infantilisés, marginalisés...Quand il faut aller au charbon, ils font appelle aux jeunes. Mais, quand il faut aller dans des salles climatisées, on les exclu. C'est ce qui est déplorable. Mais, je pense qu'ils ont très tôt compris. Et un rectificatif a été apporté aussi tôt. Et aujourd'hui, on est plus serré qu'avant.

Guinéenews© : Etant donné que vous êtes l’un des premiers à critiquer la junte, avez-vous le sentiment d'avoir eu raison ?

Mouctar Diallo :
Nous avons compris très tôt que la junte était en train de partir vers une dérive dictatoriale contre l'avis de beaucoup de personnes. Même si, au début nous l'avons soutenu par rapport à certains de ses chantiers. Notamment, l'assainissement des finances publiques, la lutte contre le narcotrafic, les audits concernant la gestion de l'administration pendant l'ère Conté. Au moment où nous critiquions la junte, on nous appelait pour nous insulter et nous menacer de mort. Aujourd'hui, ils se sont rendu compte que nous avons été visionnaires. Et les événements du 28 septembre 2009 prouvent que la junte constitue un danger pour les populations guinéennes.

Entretien réalisé par Hamidou Sow, envoyé spécial de Guinéenews© à Abidjan, Côte d’Ivoire


Partager cet article
Repost0

commentaires