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Violences politiques -GUINEE-

2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 11:07

 
Actuellement en séjour à Paris, l'ancien premier ministre François Loncény Fall se dit optimiste sur la suite des négociations à Ouagadougou.Le leader du Front Uni pour la démocratie et le changement(FUDEC) invite les leaders politiques à s'unir pour trouver une sortie de crise.A l'issue d'un Think Thank organisé par le Club Nimba Cap21, nous l'avons rencontré à Paris.Très à l'aise, le numéro 1 du FUDEC, nous a exposé sa vision de la crise politique guinéenne, sans oublier les évènements du 28 septembre et biensûr, la question de l'unité des forces vives face à la junte du Capitaine Dadis Camara.Exclusif!

Africaguinee.com :Au lendemain des négociations de Ouagadougou, l’exclusion de certains leaders politiques notamment Lansana Kouyaté, de la délégation des forces vives continue d’intriguer les populations guinéennes. Qu’en pensez-vous ?

François Loncény Fall :Je n’ai pas assisté à une réunion au cours de laquelle il a été décidé expressément d’exclure le parti de Lansana Kouyaté des forces vives. Ce que je peux dire c’est que à Ouagadougou j’ai cru comprendre qu’une liste de 24 personnes avait été dressée à Conakry avant notre arrivée à Ouaga et le nom de Lansana Kouyaté ne figurait pas sur cette liste, par contre Mme Dialikatou qui est membre de son parti faisait parti de la liste des 24. Donc il ya eu peut être d’autres considérations pour que Kouyaté ne participe pas directement à la réunion mais son parti était bel et bien représenté sur la liste à travers Mme Dialikatou qui représentait son parti parmi les 24 qui avait été choisi à Conakry.

Vous ne savez pas pourquoi Lansana Kouyaté, le responsable du parti n’y figurait pas sur la liste de la délégation?

Vous savez je ne voudrai pas trop m’étaler sur cette question parce que c’est une question polémique et je pense que ceux qui ont pris la responsabilité de prendre les décisions auraient dû l’assumer. Je crois qu’en matière politique il est important d’assumer les décisions. Kouyaté était là , moi je l’ai vu, on s’est entretenu mais j’ai compris après que la liste des 10 personnes parce que le protocole burkinabè avait demandé que les 24 noms qui ont d’ailleurs été ramené à 20 ne pouvaient pas assister à la négociation il fallait réduire à 14 personnes et sur les 14, je n’ai pas vu son nom mais il était dans la salle, et c’est ce qui a créé les problèmes et je pense que quelque chose a dû se passer et je pense que ce qui l’ont fait auraient dû assumer et expliquer clairement pourquoi son nom ne faisait pas parti des personnes qui avaient été retenu c’est ce commentaire que je peux faire.

Comment se sont passées les négociations concrètement avec le médiateur ?

Nous n’avons pas négocié car pour négocier il faut discuter, on nous a demandé de présenter un mémorandum au médiateur avec nos désira tas , c’est ce que nous avons fait. On demandé la même chose au CNDD et le président Blaise nous a indiqué que c’est sur cette base qu’il allait présenter sa synthèse comme il avait l’habitude de le faire selon lui et nous avons donc pris du temps nous sommes partis et nous sommes revenu pour le second round des négociations de Ouagadougou .Et c’est au cours de ce second round que le médiateur nous a soumis donc, ses propositions mais nous les avons rejetés car elles étaient très loin des préoccupations essentielles des forces vives et même très très loin des recommandations qui ont été faites par des différentes organisations internationales auxquelles le Burkina fait d’ailleurs parti…

Comment expliquez-vous justement que le médiateur se soit largement éloigné de ces recommandations ?

Ce fût avec une très grande surprise pour nous tous ! Nous continuons à nous interroger pourquoi le médiateur est allé si loin ? Pourquoi il s’est écarté même de la feuille de route qui avait été donné par la CEDEAO. Parce qu’on ne peut pas imaginer qu’on mette l’exécutif et le législatif ensemble et qu’on le confie à un membre du CNDD. On ne peut pas imaginer qu’un membre du CNDD peut être candidat aux élection présidentielle lorsque la CEDEAO, le Groupe International Contact l’Union Africaine, le Conseil de sécurité ont décidé qu’aucun membre du CNDD ne peut être candidat, on ne peut pas comprendre que sur cette proposition qu’on envisage qu’un membre du CNDD conduise la transition et qu’il soit capable de se présenter aux élections lorsque le groupe international de contact avait recommandé le départ du CNDD, de son président. Alors ce sont autant de questions que nous nous sommes posé et nous avons conclu purement et simplement que les propositions étaient inacceptables et nous les avons rejeté.

M. Fall, vous êtes diplomate de carrière, pensez-vous concrètement qu’il ya de l’espoir malgré la radicalisation des discours de part et d’autres donc des forces vives et de la junte ?

Oui ! Vous savez dans l’histoire des relations internationales aucune solution n’a été trouvé au premier round, ni au second round, souvent il faut beaucoup de temps, il faut de la patience, c’est un processus et quand un processus est engagé il faut le poursuivre. Je ne peux pas dire que je n’ai pas d’espoir tout dépendra du talent du médiateur. Il ya certainement des compromis à faire quelque part au niveau des deux parties, il faut qu’il y ait de la volonté politique également pour que nous sortions notre pays de cette situation. Je pense que nul n’a intérêt à s’accrocher aux positions acquises mais ce qui est important pour nous c’est que le CNDD et son président ne peut pas être candidat, il faut qu’ils quittent ! Il faut qu’ils partent ! Nous avons considéré les propositions qui ont été présenté par le médiateur comme une prime aux militaires pour les crimes commis au stade du 28 septembre, nous avons trouvé qu’elles étaient complètement en deçà de ce que nous avions espéré. Il faut donc que le médiateur revienne à ses textes, qu’il revienne aux recommandations de la communauté internationale, qu’il tienne compte de la réalité guinéenne, qu’il tienne compte des préoccupations de la population guinéenne pour que tout se mette en ordre afin d’arriver à une transition apaisée. J’ai de l’espoir si le médiateur si met.

Mais en cas d’échec à Ouagadougou, avez-vous envisagé une alternative?

Je ne souhaite pas un échec, je souhaite que la médiation de Blaise aboutisse à une solution mais s’il ya échec ce ne sera pas la fermeture du processus, nous nous tournerons vers la CEDEAO puisque c’est elle qui a désigné le président de Burkina comme médiateur, en ce moment il appartiendra au président en exercice de la CEDEAO de trouver d’autres moyens et à la communauté internationale de revoir. Le groupe de contact international pour la Guinée est toujours à pieds d’œuvre d’ailleurs .Ils doivent se réunir le 13 décembre à Ouagadougou, je crois que , connaissant déjà la position des membres du groupe international, cela pourrait avoir une influence positive sur la suite des négociations et donnera un meilleur éclairage au président Blaise pour la conduite des négociations.

Le CNDD vous accuse d’avoir voulu salir la mémoire du 28 septembre, qu’en dites vous ?

Ecoutez ! Nous, nous avons choisi cette date du 28 septembre en toute conscience et nous nous sommes dit que si le 28 septembre 1958 la Guinée a dit non à la colonisation, nous avons choisi librement et délibérément le 28 septembre 2009 pour dire non à la dictature militaire ! Il n’était nullement dans notre intention de salir cette date, nous voulons au contraire l’honorer pour dire que les Guinéens lorsqu’ils décident de dire non qu’ils peuvent le faire dans les grands moments. Mais on avait tout prévu sauf la bestialité avec laquelle l’armée a réagit pour conduire des massacres et des carnages qui ont entaché cette date noble mais qui fera date également dans l’histoire de la Guinée parce que c’est à partir du 28 septembre 2009 aussi que tout le monde s’est mis en accord pour que la soldatesque puisse quitter le pouvoir.

Certains accuseraient même la France de vous avoir financé pour oublier la date historique du 28 septembre 1958 ?

Mais c’est une fausse accusation ! Ça vient du CNDD, nous n’avions pas besoin de l’argent de la France pour organiser notre meeting, nous avions invité librement nos militants à cette manifestation, ils sont même venus à pied, on a même pas mobilisé des moyens de transports pour les amener à cette manifestation, ils sont venus à pied on les a vu venir et nous même, nous étions à pied quand nous partions vers le stade du 28 septembre. On n’avait pas besoin d’argent pour le faire. Pourquoi la France va vouloir financer des manifestations contre le CNDD, pour quelle raison ? C’est le peuple de Guinée qui a décidé. Nous avons voulu montrer au CNDD que nous étions capable de mobiliser toutes les populations et Dadis lui-même malgré tout ce qu’il dit, a reconnu qu’ « il y avait une marée humaine ». Effectivement il y avait une marée humaine, parce que c’étaient toutes les populations de Conakry qui étaient sortis librement, on n’avait pas besoin de payer les gens pour qu’ils sortent comme le CNDD le fait en distribuant des sacs de riz aux populations pour les amener à des manifestations. Les gens sont venus spontanément avec une grande conviction, et pacifiquement avec les mains nues, pour participer non armés à une manifestation pacifique.

Il y a quelques jours, le ministre Idrissa CHERIF menaçait de disqualifier des anciens premiers dont vous-même et évoquait également la limitation d’âge. Votre réaction ?

Je crois que c’est une grosse rigolade ! Il n’est pas l’homme pour disqualifier les hommes politiques. Pour disqualifier les hommes politiques, il faut d’abord prouver qu’ils ont participé à des crimes économiques. Depuis 10 mois qu’on parle d’audit, qu’est ce qui empêche le CNDD de conclure ces audits ? Pourquoi ne conduisent-ils pas ces audits depuis décembre qu’ils en parlent, ils sont libres de faire des audits et quand on connaîtra les résultats des audits, c’est en ce moment qu’on en tirera des conclusions. Et il n’appartient pas aussi au CNDD de fixer la limitation d’ âge pour des candidats. jusqu’à preuve de contraire le CNDD, n’est pas un organe législatif, il y a un organe législatif de transition qui sera mis en place et qui traitera de ces questions et qui déterminera si oui ou non il y aura une limitation d’âge des candidats. Ce n’est pas au CNDD qui pourra décidé cela par un décret par une ordonnance ni par une déclaration intempestive ce n’est pas de son ressort. Mais en ce qui concerne les audits je vais vous dire deux choses. La junte de Dadis a voulu légitimer son existence par sa volonté de lutter contre disons la dilapidation des fonds publiques sous l’ère Conté et la lutte contre les narcotrafiquants. Ils n’ont atteint aucun de ces objectifs jusqu’aujourd’hui. Les personnes arrêtées, on n’arrive pas à les juger, parce que le CNDD ne veut pas qu’il y ait un jugement, ils veulent continuer à garder les gens en prison, pour les présenter comme un fonds de commerce devant l’opinion publique internationale pour dire qu’ils ont lutté contre les narcotrafiquants. Lorsqu’on arrête des gens, ils ont droit à un jugement, les audits ils en parlent depuis presqu’un an, quels audits ont-ils fait ? Ils sont libres de le faire, ils ne peuvent pas disqualifier les leaders politique par la voix des ondes ; il faut que les audits donnent des résultats, puisque c’est à partir des résultats qu’on pourra disqualifier tel ou tel. Pour ma part je suis tout à fait disposé à être audité à tout moment en tant que premier ministre en tant que ministre des affaires étrangères, le CNDD peut faire tous les audits qu’ils voudront.

Vous affirmiez récemment que vous comptez rentrer tous en bloc et en même temps malgré les menaces d’arrestation proférées par le CNDD. Ces menaces justement ne sont elles pas une façon d’engager un feuilleton judicaire enfin de retarder les élections ?

Vous savez dans la situation actuelle le CNDD, bien qu’ils en parlent, ils n’ont aucun intérêt à ce qu’il y ait une élection en Guinée. Ils sont au pouvoir par la force et ils veulent rester et si ça peut faire perdurer l’élection ça peut attendre, ça ne les dérangera pas ! Quand ils disent qu’ils vont faire arrêter les leaders politiques, pour quel motif ? Nous avons entendu le CNDD dire qu’ils vont nous poursuivre parce que nous avons mobilisé des militants pour aller des manifestations pacifiques ,c’est notre droit constitutionnel que nous avons exercé. Ils ont également déclaré que nous avons attaqué des commissariats de police mais je tiens à dire que l’attaque du quartier général de la police par les mêmes soldats, les mêmes qui sont au CNDD. Ce sont eux qui sont responsables des tueries. Nous avons la preuve sonore au moment où ils tuaient les policiers. Depuis ce moment l’armée a retiré toutes les armes dans les commissariats, la police guinéenne n’est pas armée et dans tous les commissariats, ils ont retiré toutes les armes avant le 28 septembre donc il n’y avait pas d’armes à prendre. Au stade du 28 septembre, ils n’ont arrêté aucun de nos militants avec une arme. Pourquoi aurait-on pris des armes pour tuer nos propres militants ? C’est de la diversion purement et simplement.

Depuis la crise les principaux leaders politiques sont tous à l’extérieur, vos militants ne risquent d’y voir un abandon ou une forme d’exil politique ?

Ca ne peut pas être de l’exil politique. Personnellement, je viens de passer 5 ans d’exil et je ne suis pas prêt à un quelconque exil. Mais C’est un repli stratégique que nous avons adopté et nous pensons qu’en ce moment là, la vie des leaders étaient en danger, les militants le comprennent très bien, nous recevons tous les jours des messages de nos militants qui restent encore mobilisés malgré que nous soyons absents mais nous comptons nous retournés en Guinée car notre place est en Guinée. Il faut que nous soyons là auprès de nos militants, auprès des guinéens pour poursuivre la lutte. Tout ce que nous voulons c’est le changement, l’instauration d’une démocratie en Guinée, et donc nous allons retourner en Guinée au moment venu, au moment opportun, personne ne peut nous en empêcher c’est notre pays, c’est notre droit, nous reviendrons en Guinée. Et si le gouvernement veut nous faire arrêter alors en ce moment nous serons prêt nous ferons face à la justice et nous dirons en ce moment pourquoi nous sommes arrêtés .

Les forces vives sont elles réellement soudées, On parle de votre pacte, on parle aussi de celui de Alpha Condé, qu’en est-il ?

Nous, nous avons proposé au nom de notre parti un pacte de la rédemption pour la GuinéeIl s’agit simplement pour les leaders politiques de mettre de côté pour un moment leurs ambitions politiques personnelles, au regard de l’histoire particulière de la Guinée pour que tous ensemble nous pussions nous donné la main et espérer de former un gouvernement qui puisse sortir la Guinée de cette situation misérable. Je donne l’exemple des USA, vous direz certainement que comparaison n’est pas raison mais nous avons vu à un certain moment de l’histoire des Etats-Unis, des hommes comme Georges Washington, Thomas Jefferson, Hamilton John Adams et autres qui se sont mis ensemble pour former un gouvernement, tous avaient des ambitions présidentielles mais ils ont accepté de former un gouvernement pour jeter les bases d’un Etat démocratique et de liberté aux USA. Cela n’a pas empêché trois parmi eux d’être présidents aussi à leur tour. Je pense qu’en cette phase cruciale de l’histoire de la Guinée nous n’auront aucune raison après le départ de Dadis , connaissant les dissensions qui existent aujourd’hui et les problèmes auxquels on va se heurter, que l’on se retrouve aussi dans une situation difficile avec des risque de conflits ethniques et autres. Il serait souhaitable que dès maintenant, nous pensions à l’après Dadis et que nous pensions à notre pays, que ce soit la formule que j’ai proposé ou celle de Alpha Condé a proposé, l’essentiel est que les guinéens acceptent de créer un gouvernement d’union nationale et que tous se mettent à la tache parce que c’est le seul moyen de mettre le pays sur le chemin de la démocratie et le développement. Je lance donc un appel à tous les leaders pour que cette idée puisse nous animer.

Qu’est ce qui garanti à partir du pacte proposé par Alpha Condé que le vainqueur des élections prendra les autres ?

Le pacte proposé par le Professeur Alpha Condé est un bon pacte, je ne le rejette pas mais pour le réussir il faut d’abord des élections apaisées, le pacte que moi j’ai proposé c’est pour avoir des élections apaisées donc il n’y a pas de contradiction .Il y a seulement que, pour réussir le pacte de Alpha CONDE, il faut que les élections se passent dans de bonnes conditions si il y a des déchirements au cours des élections, il sera très difficile de former un gouvernement d’union nationale. Mais l’avantage qu’il a c’est que c’est un pacte qu’il a proposé et qui doit être signé par tous les leaders politiques, si les leaders donnent leurs signatures, je suis sûr qu’en s’engageant par écrit alors ils seront obligés de respecter leurs engagements à condition que les élections se passent dans un climat apaisé.

[b]Donc les engagements avant les élections auront une portée juridique ?

Absolument ! Si vous vous engagés au terme des élections, celui qui gagnera, formera un gouvernement d’union nationale. Je pense que tous les signataires seront tenus après les élections de respecter leurs engagements, leurs signatures.

A quoi les Guinéens peuvent-ils s’attendre des forces vives les jours à venir ?

Le guinéen doit se préparer à la poursuite de la lutte. Nous n’allons pas mettre les gens dans la rue pour envoyer encore nos populations sous les balles des criminels, de ceux qui ont osé tué froidement des manifestants désarmés, qui ont osé violé massivement des femmes à ciel ouvert. Nous n’allons pas le faire, mais nous avons d’autres moyens de lutte que nous allons mener et ces moyens nous allons les mettre en place parce que nous voulons que les choses changent, le changement de la Guinée ne peut pas se faire à partir de l’extérieur, il doit se faire à partir de l’intérieur. Et cela doit être fait pas les Guinéens. Nous allons mobiliser nos troupes, nous allons faire en sorte que la pression soit forte et que les militaires comprennent qu’il n’y a pas d’autres que de s’asseoir sur la table des négociations pour voir comment nous pouvons avoir une stratégie acceptable pour une sortie de crise pour la Guinée.

Est-ce que vous pensez que les populations guinéennes vont suivre vos recommandations ?

Les Guinéens l’ont démontré depuis le 28 septembre tous les mots d’ordre qui ont été donné que ce soit par les partis politiques, ou les centrales syndicales ont été respectés . Nous avons déjà eu plusieurs journées mortes en Guinée, respectées rigoureusement, nous avons décidé de faire des journées de réflexion ou pour commémorer nos morts qui ont été respecté. Les Guinéens ont été choqué par ce qui s’est passé au stade du 28 septembre, les Guinéens ont été tous profondément meurtris dans leur chair par la monstruosité des actes du 28 septembre, c’est du jamais vu en Guinée, c’est contraire à nos coutumes guinéennes, ce qui fait que les guinéens sont prêt à mener toute action pacifique pour changer la Guinée.

Aujourd’hui il est question de partage du pouvoir durant la transition. Pensez-vous que le futur Conseil national de transition reviendra aux militaires ?

Vous savez pour le moment, on est au début des négociations, ce qui est important,c’est de faire en sorte qu’on aboutisse à un compromis à un partage du pouvoir mais un partage du pouvoir qui fera en sorte que l’armée n’aura pas la velléité de se cramponner au pouvoir. Nous tenons compte de la présence de l’armée aujourd’hui parce que de toutes les façons c’est une force qui existe mais ce qui est évident durant cette période nous devrons composé avec l’armée pendant la transition et lorsque le président de la république sera élu, nous serons obligé d’engager profondément une restructuration même pendant la transition, amorcer une politique de réorganisation des forces de défense et de sécurité. C’est ce que nous avons appelé les reformes du secteur de sécurité et cette reforme va permettre de restructurer l’armée et d’avoir une armée républicaine. Mais pour le moment, nous voulons aller aux négociations, faire en sorte que, puisque nous négocions entre civils et militaires donc il faudrait bien qu’il y ait un compromis quelque part et qu’il y ait un partage du pouvoir qui mettra fin aux velléités de l’armée de confisquer le pouvoir car ne n’est pas sa vocation.

Le Capitaine Dadis Camara est soumis à de fortes pressions tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Envisagez-vous de lui donner une porte de sortie ?

Il ne m’appartient pas de vous donner une réponse à cette question. Nous avons en son temps encourager le capitaine Dadis comme il l’avait dit au départ, d’être le « ATT Guinéen » mais il n’a pas écouté, il s’est engagé dans une aventure qui l’a mené très loin avec ce qui s’est passé le 28 septembre 2009. Mais ce que je peux vous dire c’est que l’impunité ne peut pas être la règle en Guinée, il y a eu déjà beaucoup de sang versé en Guinée, nous ne pouvons pas maintenir l’impunité comme règle en Guinée. Ce qui s’est passé rentre dans le champ de crime contre l’humanité, il ne m’appartient plus d’en parler dès lors qu’il ya une commission d’enquête internationale sur le terrain. Il appartiendra à cette commission internationale d’enquête de présenter les faits tels qu’ils se sont présentés, de dire la vérité sur le 28 septembre et il reviendra à qui de droit de faire la justice mais je n’exclue aucune possibilité. Ce que je peux dire, c’est que nous devons tout faire mettre fin aux crimes gratuits, nous devons tout faire pour que l’impunité ne s’installe pas en Guinée comme une règle. Nous devons faire en sorte que ceux qui sont morts le 28 septembre ne soient pas morts pour rien, il faut que justice soit faite et que ces femmes qui ont perdu leur dignité par les viols, les personnes innocentes désarmées qui ont été tuées gratuitement, il faut que justice soit faite. Nous, nous sommes pour la justice, nous sommes pour la paix, nous sommes pour la quiétude au sein de la cité, nous voulons la refondation de notre pays mais sur des bases de justice.

Vous sortez d’une séance de travail avec le think tank Nimbacap21 .Quelles sont vos impressions ?

Je suis très encouragé ! C’est un think tank et moi j’aime bien les thinks tanks. Je vois qu’il ya de l’espoir pour la Guinée, voilà des jeunes qui ont fait de brillantes études et dans diverses branches et qui réfléchissent au futur de la Guinée. Donc je me suis senti aujourd’hui très à l’aise de discuter de la Guinée, de l’avenir de la Guinée avec des jeunes qui ont ce soucis et qui ont des compétences qui serviront la Guinée de demain et cela m’encourage très fortement.

Interview réalisée par Aliou SOUARE
en collaborration avec Lancine CAMARA
Pour Africaguinee.com

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