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Violences politiques -GUINEE-

22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 10:51

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La tentative d’assassinat contre le chef de la junte Capitaine Moussa Dadis Camara par son bras droit et aide de Camp, le Lieutenant Aboubacar Sidiki Cherif Diakité alias Toumba, est venu s’ajouter aux massacres des manifestants du 28 septembre dans le grand stade de Conakry qui avaient déjà sévèrement durci la transition en cours, nécessitant une médiation étrangère.

Depuis, les tentions et les divisions politiques se multiplient. Les Guinéens sont d’autant plus inquiets qu’ils craignent dangereusement une guerre civile dont les nuages annonciateurs sont malheureusement proches.

En répondant à nos question, Bah Oury, le premier vice Président de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) encourage le dialogue et la médiation et invite le peuple de Guinée à s’unir pour reconquérir la démocratie.

Africaguinee.com : Le groupe de contact international vient de proposer l’envoi d’une force internationale en Guinée pour protéger les civils. Au niveau du forum des forces vives, quelle est votre réaction suite à cette proposition ?

Bah Oury :
Nous allons d’abord préciser que ce sont les forces vives, dès la 8eme session du groupe international de contact sur la Guinée, le 12 octobre à Abuja qui avaient proposé et demandé à la communauté internationale d’envoyer en Guinée une force de protection pour protéger les civils contre les exactions de la junte et des bérets rouges de la garde présidentielle.

La communauté internationale avait entendu cette doléance des forces vives et avait pris compte de cela dans les résolutions. Ensuite, la conférence des chefs d’Etats de la CEDEAO a repris cette idée pour en faire une proposition au Président de la commission. Donc c’est dire que les forces vives sont en parfait accord avec le groupe international de contact par rapport à la nécessité d’envoyer une force internationale de protection de civils dans notre pays.

Cette force de protection est d’autant plus nécessaire qu’on a dit que l’armée (la junte) est divisée en plusieurs clans armés les uns contre les autres et qu’il y a des camps où des milices ethniques sont parquées. Pour éviter donc que ces clans armés ne s’attaquent à la population, il faut nécessairement une force neutre, crédible… de protection pour rassurer la communauté nationale et protéger les institutions de la transition qui ne tarderont pas à être mises en place.

La junte militaire au pouvoir prévient de considérer l’envoi de force internationale de protection de civils en Guinée, comme un acte de guerre. Que faut-il donc faire pour éviter des affrontements de quelque nature que ce soit dans notre pays ?

Je crois que cette déclaration comme quoi l’envoi d’une force internationale de protection des civils en Guinée serait considéré comme un acte de guerre, n’engage que celui qui l’a dit. Cela n’engage que le secrétaire permanent du CNDD le Colonel Moussa Keïta.
Et je dois dire qu’une décision de ce genre passera nécessairement par le gouvernement Guinéen qui sera en place en ce moment (après la mise en place des institutions de la transition) pour décider de l’envoi d’une force de protection.

Je crois aussi que la situation ne va pas être figée. Un gouvernement crédible et soucieux de l’intérêt de la population va avaliser, voire même demander à la CEDEAO l’envoi d’une force internationale de protection des civils et des institutions.
En plus la reforme de l’armée nécessite une force internationale de protection pour éviter des secousses qui ne tarderont pas à intervenir du moment où il s’avère qu’il faut s’attaquer en profondeur aux racines du mal dans l’armée Guinéenne.

Récemment votre parti par la voix de son Président Cellou Dalein Diallo a invité les militaires patriotes à prendre leur responsabilité suite à la tentative d’assassinat contre le chef de la junte Capitaine Moussa Dadis Camara. Peut-on parler d’une invitation à un coup d’Etat contre le CNDD ?

Le Président de l’UFDG Elhadj Cellou Dalein Diallo n’a jamais demandé à des militaires de faire un coup d’Etat contre le CNDD. Il a tout simplement rappelé qu’il ne faut pas considérer que toute l’armée Guinéenne est corrompue et anti-patriotique. Le Président de l’UFDG a seulement signalé qu’il y a parmi les militaires, des hommes et des femmes qui sont soucieux de l’intérêt du peuple et du pays tout entier.

Le Président Elhadj Cellou a dit de ne pas mettre tous les militaires Guinéens dans le même sac. Et c’est tout à fait normal de s’exprimer ainsi. Si maintenant certains interprètent cela comme un appel à un coup d’Etat, c’est qu’ils se sentent vraiment morveux. Je dois dire tout simplement qu’au delà de tout cela, l’UFDG entend œuvrer pour que le parti parvient au pouvoir par la procédure la plus démocratique qui puisse exister. C’est la raison pour laquelle nous réclamons l’organisation des élections pour que le peuple d Guinée élise l’homme ou la femme qui lui convient pour présider aux destinés du pays.

Aussi, nous sommes contre toute forme de violence. Et cela contre qui que ce soit. D’où notre opposition au CNDD du fait de ses exactions et de sa volonté d’imposer une dictature sanglante dont les massacres des manifestants du 28 septembre en sont une macabre illustration.
De même , nous nous sommes opposés par le passé aux tueries de janvier et février 2007. Nous restons opposés à toute forme de dictature dans notre pays. L’amour de la liberté et la soif de la démocratie font que les militants et militantes de l’UFDG sont toujours au premier rang lorsque le sort de la liberté et de la démocratie est en jeu.

Les propos du Président de votre parti Cellou Dalein Diallo ont provoqué une vive polémique au niveau de certains partis politiques non membres des forces vives notamment l’UPR de Bah Ousmane. Votre réaction face à toutes ces critiques.

Je sais que les propos de notre Président ont alimenté des polémiques au niveau de certains qui considèrent que Elhadj Cellou et l’UFDG sont à abattre. Mais de toutes les façons, nous ferrons ce que nous avons à faire. Nous sommes des partisans de la démocratie et de la liberté, nous n’abdiquerons pas devant nos responsabilités.

Ce sont ceux qui sont contre nous, qui ont de problèmes aujourd’hui. Nous, nous sommes en phase avec l’opinion nationale ! Nous sommes en phase avec l’opinion internationale ! Et nous sommes en phase avec notre conscience. Nous continuerons à marcher sur ce chemin. Elhadj Cellou est aujourd’hui tout à fait tranquille et entend poursuivre le combat qu’il mène sans avoir à baisser la tête devant qui que ce soit.

Avec l’incertitude sur l’Etat de santé du chef de la junte Capitaine Moussa Dadis Camara qui est actuellement au Maroc, la communauté internationale continue d’exprimer ses inquiétudes malgré les promesses du Général Sékouba Konaté qui assure l’intérim. Comment réagissez-vous sur la gestion du pouvoir en Guinée depuis le 3 décembre dernier ?

Depuis le 28 septembre 2009 les forces vives ont demandé le départ du pouvoir du CNDD et la mise en place d’une nouvelle autorité de transition. Jusqu’à présent les forces vives (y compris l’UFDG) réaffirment cette revendication.

Nous avons estimé que ce n’est pas parce qu’à un moment donné l’intérim du CNDD a changé que sa politique aussi ait changé.

Bien entendu nous saluerons toute attitude consistant à œuvrer pour aller dans le sens des intérêts fondamentaux du pays à savoir la satisfaction des aspirations populaires. Et les aspirations populaires d’aujourd’hui indiquent nettement que la population ne veut plus de cette junte au pouvoir.

La population aspire à un retour à l’ordre constitutionnel qui lui permettra de recouvrer la totalité de sa souveraineté et de ses droits pour pouvoir évoluer de la manière la plus sereine et la plus démocratique dans un Etat de droit.

Actuellement nous sommes toujours dans un régime d’exception ! Les incertitudes sur les orientations de la junte demeurent .Il y a toujours des violations des droits des populations ! Il y a toujours l’insécurité ! On entend toujours les mêmes déclarations haineuses qui n’inspirent pas du tout confiance… Nous voulons que ça change. Et il faut que ça change.

Après environ deux semaines de cavale et de silence, le Lieutenant Aboubacar Toumba Diakité vient de s’exprimer sur les antennes de RFI, clamant son innocence dans les massacres du 28 septembre au stade. Quelle est votre réaction en tant que témoin et leader politique présent au stade au moment des crimes et que Toumba prétend même avoir sauver la vie des leaders politiques?

Je crois que le Lieutenant Aboubacar Diakité dit Toumba n’a pas dit, par rapport à ce que j’ai entendu, qu’il n’est coupable de rien. Il a tout simplement dit, d’après ce que j’ai compris, qu’il n’assume pas la totalité de la responsabilité du carnage qui a été commis le 28 septembre et que le chef de la junte, Dadis Camara avec d’autres ont planifié et mis en œuvre ces massacres des populations innocentes de Conakry.

Il a dit qu’en tant qu’aide de Camp il a participé et était bel et bien au stade au moment des massacres. Il dit qu’il a contribué à sauver les leaders politiques. Je crois qu’il a pu le faire. Mais cela ne lui enlève nullement une partie de la responsabilité des massacres en tant qu’aide de Camp et principale personnalité militaire qui a conduit les troupes au stade.

En ce qui concerne El hadj Cellou et moi-même, c’est le Commandant Tiégboro qui nous a exfiltré du stade et conduit au camp Samory Touré où nous avons reçu les premiers soins.

La junte vient d’interdire formellement toute manifestation à caractère politique sur toute l’étendu du territoire national jusqu’à nouvel ordre. Comment le forum des forces vives en général et votre parti UFDG en particulier ont appris cette nouvelle ?

J’ai pris la précaution d’aller rencontrer le ministère de l’administration du territoire et des affaires politiques qui est l’auteur du communiqué. J’ai également rencontré la direction nationale de la liberté publique. Ils m’ont tous précisé que le communiqué interdit les manifestations le long des voies, mais n’entend nullement remettre en cause les activités des partis politiques au niveau de leurs sièges. Bien sûr cette décision n’est pas conforme aux principes régissant un Etat de droit.

Les assemblées générales, comme par le passé, auront lieu aux endroits indiqués qui sont reconnus comme étant les sièges, tant nationaux que préfectoraux des partis politiques. L’UFDG continue à mener ses activités à l’intérieur de ses sièges.

Certains leaders politiques qui ont été écartés aux négociations de Ouagadougou sont venus rejoindre le camp de bah Ousmane, quittant définitivement les forces vives. C’est le cas de Mamadou Sylla de l’UDG. Comment avez-vous trouvé cela ?

Je pense que notre pays traverse une phase extrêmement délicate. Après tout ce que le peuple de Guinée a subi au cours de ces dernières années, nous (forces vives) avons décidé de faire taire les intérêts particuliers des partis politiques et mettre les intérêts de la nation au dessus de tout.

L’intérêt national exige que les forces vives trouvent les voies et moyens permettant d’aboutir au changement démocratique pour lequel beaucoup d’hommes et de femmes sont morts le 28 septembre 2009 et le 22 janvier 2007 pour ne parler que de ces deux jours là.

A présent, nous devons faire de sorte que notre pays redémarre sur des bases nouvelles.
L’UFDG entend agir en mettant l’intérêt national au-dessus de tout. Dire que tel est présent aux négociations, tel n’est pas présent, ne mérite même pas d’être évoqué dans le contexte actuel. L’essentiel est de faire aboutir la volonté de changement qui anime le peuple guinéen. Comme aimer à le répéter le dirigeant chinois Teng Schiao Ping « peu importe que le chat soit noir ou blanc l’essentiel est qu’il puisse attraper les souris ».
Dans les circonstances actuelles nous devons taire nos mesquineries et étouffer notre égo. Mais si certains mettent en priorité leur propre ambition en avant et piétinent l’intérêt national, ils assumeront cette responsabilité. Le peuple jugera en temps opportun le rôle et l’attitude de chacun d’entre nous.

Je pense que notre pays traverse une phase extrêmement délicate. Après tout ce que le peuple de Guinée a subi au cours de ces dernières années, nous (forces vives) avons décidé de faire taire les intérêts particuliers des partis politiques et mettre les intérêts de la nation au dessus de tout.

L’intérêt national exige que les forces vives trouvent les voies et moyens permettant d’aboutir au changement démocratique pour lequel beaucoup d’hommes et de femmes sont morts le 28 septembre 2009 et le 22 janvier 2007 pour ne parler que de ces deux jours là.

A présent, nous devons faire de sorte que notre pays redémarre sur des bases nouvelles.

L’UFDG entend agir en mettant l’intérêt national au-dessus de tout. Dire que tel est présent aux négociations, tel n’est pas présent, ne mérite même pas d’être évoqué dans le contexte actuel. L’essentiel est de faire aboutir la volonté de changement qui anime le peuple guinéen. Comme aimer à le répéter le dirigeant chinois Teng Schiao Ping « peu importe que le chat soit noir ou blanc l’essentiel est qu’il puisse attraper les souris ».

Dans les circonstances actuelles nous devons taire nos mesquineries et étouffer notre égo. Mais si certains mettent en priorité leur propre ambition en avant et piétinent l’intérêt national, ils assumeront cette responsabilité. Le peuple jugera en temps opportun le rôle et l’attitude de chacun d’entre nous.

On raconte que dans l’armée Guinéenne, chaque haut gradé a sa propre armée. Dans de telles conditions, comment un civil élu pourra-t-il gérer notre pays à votre avis ?

Je sais qu’il y a certains chefs de la junte qui ont des milices à leur dévotion. Mais je ne crois pas que chaque haut gradé ait sa propre armée à sa disposition. Parce que ce serait extrêmement grave ; ce serait la somalisation de la Guinée.

Et si tel est le cas, cela prouve la nécessité d’envoyer une force internationale de protection pour assurer la cohésion et empêcher que des bandes armées ne s’attaquent à nouveau aux populations civiles pour commettre des génocides.

Nous sommes conscients que l’armée doit être réformée. Dans le programme de la CEDEAO, il y a la reforme de l’armée. Et la communauté internationale promet d’aider techniquement et financièrement un gouvernement démocratique et crédible élu, à réformer véritablement l’armée.

La junte accuse la France d’être derrière ce qu’elle appelle ‘‘Complot’’, la tentative d’assassinat contre Dadis Camara. Croyez-vous à cette accusation ?

En écoutant ces déclarations incendiaires des médias de l’Etat, accusant un pays comme la France d’être derrière ce qui se passe en Guinée, je trouve que c’est très triste. Cela me rappelle les années 60 avec les envolées pseudos-révolutionnaires contre l’impérialisme, le néocolonialisme… Mais cela est dépassé il y a plus de 40 ans.

Ceux qui tiennent encore ces propos, sont des "has been"’. C’est tragique et comique à la fois. Ces gens là sont complètement dépassés. Ils ont 50 ans de retard par rapport à l’évolution du monde.

A votre avis, combien de temps faut-t-il aujourd’hui à notre transition, après tout ce qui s’est passé : le carnage du 28 septembre et la tentative d’assassinat du chef de la junte ?

Personnellement, je pense qu’en revoyant le chronogramme et en commençant par les législatives et pour terminer par les présidentielles, nous pouvons estimer que 6 à 8 mois peuvent suffire pour nous permettre d’avoir un processus électoral apaisé et fiable .

Aujourd’hui les négociations à Ouagadougou s’enlisent. Quelle stratégie proposez-vous au niveau des forces vives pour une sortie de crise en Guinée ?

Je crois que la médiation est un élément nécessaire et indispensable. Seulement les forces vives doivent revoir la médiation actuelle pour ne pas se faire avoir . De l’autre côté il faut qu’on continue le combat. Les pressions intérieures doivent reprendre pour créer un rapport de forces favorable aux forces du changement.

Au lendemain du 28 septembre, l’ONU a fait état de 157 morts. Au niveau des forces vives, avez-vous aujourd’hui de chiffres plus ou moins élevés de : morts, blessés ou femmes violées ; des chiffres obtenus après des enquêtes ?

De manière précise, on ne peut pas encore indiquer exactement le nombre de victimes des massacres du 28 septembre et des jours qui ont suivi.

Mais d’après certaines sources il y a eu 400 à 450 morts. Quant aux blessés, notre seul parti UFDG en a enregistrés environ 1400. Les femmes violées se chiffrent à plusieurs dizaines.

On ne peut d'ailleurs pas évaluer l’ampleur du désastre du 28 septembre 2009 au stade. Nous sommes en train de poursuivre nos enquêtes et affiner nos statistiques pour connaître le nombre exact des personnes qui ont été tuées le 28 septembre 2009.

La commission nationale d’enquête indépendante CNEI affirme n’avoir pas enregistrer un seul cas de viol, mais plutôt 32 suspicions de viol. Votre réaction...

Si la commission d’enquête nationale qui a été mise en place par le CNDD pense que les femmes qui été violées par les bérets rouges vont se présenter à elle, elle se trompe. Les femmes qui ont été violées et humiliées publiquement le 28 septembre, ne se présenteront pas devant une commission d’enquête du CNDD. Parler de suspicions de viol est une insulte à l’égard des femmes qui ont été profondément meurtries et violées.

Depuis les évènements du 28 septembre, le Président de l’UFDG Cellou Dalein Diallo réside à l’étranger. A quand son retour en Guinée ?

En fonction de l’évolution de la situation, l’UFDG saura apprécier le moment le plus favorable pour le retour de son Président en Guinée. A ce moment là, nous aviserons.

Un message pour les lecteurs et le peuple de Guinée !

Je dois dire au peuple de Guinée et à tous les lecteurs que nous vivons une période très particulière de notre l’histoire contemporaine. J’ai souvent dis que la nation Guinéenne est en construction. Ce sont les épreuves que les hommes et les femmes de Guinée ont endurées ensemble ,sans distinction de race, d’ethnie et de religion, qui cimentent la nation Guinéenne.

Nous sommes sur chemin de bâtir un grand pays, une grande nation. Le sang qui a été versé doit cimenter l’unité nationale. Le lourd tribut que la Guinée a payé et continue de payer nous permet de savoir les valeurs que représentent la démocratie et la liberté.

Le sang qui a été versé, les blessures que nous avons eues, les viols dont les femmes de Guinée ont été victimes… doivent nous rappeler la nécessité de nous battre ensemble pour qu’aucune dictature ne puisse s’installer en Guinée.

Nous devons tout faire pour que le changement démocratique devienne une réalité. Il ne faut pas baisser les bras. Le combat continue. Et je suis persuadé que le peuple de Guinée vaincra. La Guinée ressortira de cette longue épreuve en devenant une nation forte, prospère et émergente.

Propos recueillis par Abdourahamane Bakayoko
Pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600





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