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Violences politiques -GUINEE-

2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 16:49


L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), condamne vivement la détention arbitraire de neuf défenseurs des droits de l’Homme en Guinée.

Le 28 octobre 2009, des membres de la Fédération des associations de la jeunesse guinéenne (FAJEG) et de la Coordination des organisations de défense des droits humains (CODDH) ont entamé une grève de la faim qui devait s’achever le 1er novembre 2009, afin de protester contre les violences et les exactions perpétrées en Guinée depuis le 28 septembre 2009, et inviter les autorités et les autres acteurs politiques guinéens à trouver, par le dialogue, une sortie de crise.

Le 28 octobre 2009, vers 23 heures, des témoins présents sur les lieux ont vu débarquer à la Maison des jeunes de Diximm, une commune de Conakry, des militaires dirigés par le Ministre chargé de la lutte contre le trafic de drogue et le banditisme, le commandant Moussa Tiégboro Camara. Ces derniers ont arrêté les neuf militants de la FAJEG et de la CODDH présents sur les lieux : MM. Mamadou Kaly Diallo, Sékou Bamba, Thierno Amadou Sow, Laye Sangare, Alpha Amadou Bah, Me Thierno Souleymane Balde, M. Jean Kamano, Mme Ibrahima Sidibe, et Me Christophe Kone, président de l’Association des jeunes avocats de Guinée (AJAG).

Ces neuf personnes restent détenues dans les locaux du ministère chargé de la lutte contre le trafic de drogue et le banditisme situé au camp militaire "Yaya Alpha Diallo", où ils seraient actuellement soumis à un interrogatoire de la part des services spéciaux du département dirigé par le commandant Moussa Tiégboro Camara. Aucune information n’a pu être obtenue quant à l’existence d’éventuelles charges à leur encontre.


L’Observatoire s’inquiète de possibles mauvais traitements qui pourraient survenir dans le cadre de cette détention, et rappelle que de tels actes seraient contraires à la Convention des Nations unies contre la torture ratifiée par la Guinée le 10 octobre 1989, et donc passibles de poursuites individuelles.


L’Observatoire demande aux autorités guinéennes de garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique des neuf défenseurs et de procéder à leur libération immédiate et inconditionnelle, en ce que leur détention ne vise manifestement qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme.


Plus généralement, l’Observatoire appelle les autorités guinéennes à veiller à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de harcèlement - y compris judiciaire - à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme guinéens et à se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme de 1998 et aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Guinée.

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