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Violences politiques -GUINEE-

16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 20:39

 
 "Je vous rappelle que Bernard Kouchner, à l'occasion d'un entretien hier avec France Info, a salué l'annonce par le procureur de la Cour pénale internationale de l'ouverture d'une enquête préliminaire après les massacres commis en Guinée le 28 septembre.


Depuis cette date, la France n'a cessé de mobiliser la communauté internationale sur la gravité  des violences intervenues en Guinée et de demander une enquête internationale afin que les responsables de ces crimes soient identifiés, jugés et punis.


 Par ailleurs, nous rappelons l'urgence à mettre en oeuvre les décisions que le Groupe international de contact sur la Guinée a adoptées le 12 octobre dernier et comptons sur la tenue à Abuja le 17 octobre prochain d'un sommet extraordinaire de la CEDEAO pour accélérer la mise en place :


   - par le SGNU, en liaison avec la CEDEAO et l'Union africaine et avec le soutien du Haut Commissariat aux droits de l'Homme, d'une commission internationale d'enquête pour faire la lumière sur les graves violations des droits de l'Homme du 28 septembre 2009,

 - de sanctions individuelles et ciblées,
 - par la CEDEAO, en liaison avec ses partenaires d'une mission civilo-militaire d'observation et de sécurisation.


 L'Union européenne est en train de finaliser un dispositif de sanctions ciblées sur les responsables de la junte."


   (Qu'est-ce qui a motivé la décision de rapatrier les Français de Guinée ?)


 Il ne s'agit pas d'une décision de rapatriement. Il ne s'agit pas d'une évacuation. Il s'agit de recommandations à nos compatriotes qui vivent en Guinée de quitter le pays.


 Je vous rappelle que nous avons en Guinée une communauté française qui s'élève environ à 2.500 personnes.


  Nous avons pris la décision de faire cette recommandation à leur attention parce que nous avons observé au cours des derniers jours une dégradation des conditions de sécurité. Nous avons observé une multiplication d'actes d'agression commis par des hommes en armes, d'actes de vandalisme. C'est donc par précaution que nous recommandons à nos compatriotes de quitter la Guinée.


  (Apparemment il n'y aurait plus d'avions. Comment organisez-vous le retour ? Deuxièmement, quels sont ces actes de délinquances ? Conseillez-vous aux Français voulant se rendre en Guinée d'annuler leur voyage ?)


 A partir du moment où nous recommandons à nos compatriotes de partir, il est évident que nous déconseillons à ceux qui souhaiteraient aller en Guinée de le faire, sauf motif tout à fait impérieux.


 D'autre part, je précise qu'à notre connaissance les liaisons aériennes sont toujours ouvertes sur la Guinée. Il est évident - je crois qu'il est important de le souligner pour tous ceux qui nous écoutent - qu'il ne s'agit pas d'une évacuation. Une évacuation implique la mobilisation d'avions que l'on envoie pour ramener nos compatriotes. Nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure. Simplement nous observons, en particulier dans la capitale, depuis plusieurs jours, des actes de vandalisme, des agressions, des hommes armées qui circulent sans aucun contrôle. Nous estimons que cela met en cause la sécurité de nos compatriotes qui vivent en Guinée. C'est pour cela que nous avons pris la décision de leur faire cette recommandation.


(Il semblerait que les liaisons aériennes commencent à être perturbées. Comment peuvent se passer les retours ?)


 Vous dites "il semblerait" donc vous n'en êtes pas sûr. De ce que nous savons, les liaisons aériennes continuent à fonctionner. L'aéroport de Conakry est ouvert. Les avions s'y posent et décollent. Nos compatriotes ont tout à fait la possibilité de prendre un avion. Ce qui est l'objet de notre préoccupation aujourd'hui, c'est cette multiplication d'incidents au cours des derniers jours. Nous en avons déduit que la sécurité publique n'était pas garantie et nous avons pris la décision de faire cette recommandation.


 (Il n'y a pas de sentiment anti-français ?)


 Nous observons une multiplication d'actes de vandalisme, d'agressions et surtout une absence de sécurité publique dans les rues, dans la ville, ce qui nous a amenés - en ce qui nous concerne - à faire cette recommandation. D'autres pays européens l'ont également faite, comme les Britanniques, il y a quelques jours.


  (Est-ce que ces actes de violence ont visé directement des ressortissants français ? Par ailleurs, nous venons de recevoir une alerte de notre bureau de Dakar, indiquant que les communications téléphoniques seraient coupées avec Conakry. Auriez-vous des précisions ?)


 Concernant les communications téléphoniques, nous n'avons pas de précisions. Nous avons eu jusqu'à maintenant des communications téléphoniques normales avec la Guinée.


 (Est-ce que la cellule de crise est ouverte ?)


 Comme nous vous l'avons expliqué depuis le début, depuis que Bernard Kouchner a pris la décision d'établir cette structure au ministère des Affaires étrangères et européennes, le Centre de crise est ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept tout au long de l'année sur un ensemble de sujets. Il suit naturellement ce qui se passe en Guinée comme ce qui se passe dans beaucoup d'autres pays.


(Quels sont les moyens militaires que vous avez sur la zone pour protéger les citoyens français ? Est-ce que vous avez un plan d'évacuation si cela s'avère nécessaire ?)


 Concernant les moyens militaires, nous ne sommes pas dans un cas de figure d'évacuation. A partir de là, il y a des moyens que nous ne mettons pas en oeuvre, en particulier ceux auxquels vous vous référez. Nous en sommes aujourd'hui au stade d'une recommandation à nos compatriotes de partir.

 S'agissant des plans de sécurité, nous avons des plans de sécurité pour tout type de risque, dans tous les pays, à tout moment. Cela peut être une instabilité politique, une dégradation de l'ordre publique à tel ou tel endroit, une situation de conflit, une catastrophe naturelle, une catastrophe industrielle, un accident. Nous avons des plans de sécurité pour les communautés françaises en Guinée comme ailleurs.


 (Est-ce que vous avez reçu des demandes d'évacuation d'autres pays, comme le Liban ? L'AFP vient de sortir depuis quarante minutes une dépêche indiquant que la France demande et conseille à ses compatriotes de quitter la Guinée.)


 La France recommande - ce point est important - à ses ressortissants de quitter la Guinée. S'agissant d'autres demandes, à ma connaissance, pour le moment, nous n'en avons pas reçu.


 Il est confirmé par ailleurs, s'agissant du trafic aérien, que les vols sont maintenus et que les places sont disponibles dans les avions.


(Est-ce que des Français ont été directement visé par des agressions, des violences ou des menaces en Guinée ?)


 A ma connaissance, pas directement pour le moment. Nous sommes dans une démarche de prévention et de recommandation.


(Avez-vous des contacts avec la junte pour leur indiquer leur responsabilité pour protéger les ressortissants français ?)


 Bien entendu.


 (Demain l'Union africaine doit se prononcer, la France envisage t-elle des sanctions contre la Guinée ?)


 La réunion de l'Union africaine est une étape importante, l'Union européenne finalise un dispositif de sanction. C'est en cours de discussion à Bruxelles.

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