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Violences politiques -GUINEE-

25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 11:34

 
Le bureau de la coordination des associations guinéennes aux États Unis suit avec attention et inquiétude l’évolution des négociations inter-guinéennes en cours à Ouagadougou, Capitale du Burkina Faso. Dorénavant, le bureau de la Coordination salue et encourage la position responsable des Forces vives qui rejette la « solution » proposée par le médiateur, S.E. Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso. Les raisons suivantes ont motivé la décision du bureau de la Coordination d’encourager le rejet pur et simple de la « solution » proposée par la médiation :

1. Le peuple de Guinée a toléré la prise illégale du pouvoir par le CNDD à cause de son engagement de gérer une transition neutre devant conduire à des élections libres et transparentes, dont aucun de ses membres ne serait candidat. C’est la violation de cet engagement qui a été à l’origine de la brouille avec la communauté internationale et surtout des manifestions populaires réprimées dans le sang le 28 septembre 2009.

2. La «synthèse» proposée par le médiateur est un pas en arrière par rapport au principe de neutralité de la transition. Tout guinéen soucieux de l’avenir de la Guinée convient aujourd’hui sur le fait que cette période de transition doit être dirigée par des personnalités intègres, compétentes et neutres. De même, toute personne ayant participé à la gestion de la transition ne doit faire acte de candidature à un poste électif pendant au moins cinq ans. C’est à ce prix que le Liberia voisin a eu raison de plus de dix ans de guerre civile. C’est aussi à ce prix que le Mali voisin a mis un terme au régime dictatorial de Moussa Traoré avec ses corolaires de violation des droits de l’homme, de corruption endémique, etc.

3. De nombreux problèmes causés par le caractère juge-et-partie de la médiation ont été observés en Cote d’Ivoire, entrainant un chaos que connais ce pays depuis bientôt dix ans. La mise en place d’un système qui empêchera ces mêmes problèmes de se reproduire en Guinée, doit être élaborée. L’absence de textes réglementaires dans l’un et l’autre des cas nécessite être dénoncée et adressée dans les négociations futures concernant la Guinée.

En revanche, les recommandations de la CEDEAO, de l’Union Africaine et autres Organisations Internationales, jusqu’ici ignorées par le médiateur, devraient êtres réécrites dans le document pour envisager une réparation des préjudices portés au peuple de Guinée.

4. La Coordination dénonce également le fait que : Le médiateur ai montré une attitude de partialité. La "synthèse" proposée, va au-delà des espoirs du CNDD. Ce qui rend la négociation impossible, à moins que l’objectif du médiateur soit de faire admettre aux deux parties tout ce qu’a demandé le CNDD. Si la situation actuelle de la Guinée commande l’ouverture de chaque partie au compromis, celui-ci n’est pas possible quand une des parties doit tout gagner et l’autre tout perdre.

5. La « solution » proposée comporte une dimension frauduleuse dans le sens qu’elle tente de rendre légitime le CNDD et son Président qui sont, par nature, illégitimes.

En plus, le bureau de la coordination applaudirait la décision du Président Burkinabé de se retirer de la médiation, et son remplacement par un autre leader de la sous-région qui incarnerait mieux les valeurs de démocratie, de justice et de paix pour lesquelles le peuple de Guinée se bat depuis son accession à l’indépendance. Avec tout le respect dû au Président Blaise Compaoré, le bureau de la coordination juge son profile inadéquat pour assurer la médiation dans le conflit guinéen pour les raisons suivantes :

1. S.E. Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir par un coup d’état et entend s’y maintenir par la modification des textes constitutionnels de son pays pour briguer indéfiniment des mandats présidentiels.

2. Aucune médiation assurée par S.E. Blaise Compaoré n’a encore été favorable à l’émergence et à l’épanouissement de la démocratie, de la justice et de la paix. Les exemples du Togo et de la Cote d’Ivoire sont là pour illustrer cette affirmation.

Enfin, le bureau de la Coordination recommande aux deux parties de privilégier l’intérêt supérieur du peuple de Guinée. Les membres des associations que le Bureau représente attendent des deux parties autour de la table de négociation de s’entendre sur une transition qui permette au pays de se doter d’une constitution à la hauteur des aspirations de son peuple. Une constitution qui mette fin à la culture d’impunité qui a pris corps en Guinée, par la conduite des enquêtes sur les crimes économiques et de sang, qui permette l’établissement de la justice en vue d’ouvrir la voie à la réconciliation entre les guinéens, et qui puisse réunir les conditions nécessaires à l’organisation des élections législatives et présidentielles libres et transparentes.


Faite le 24 novembre, 2009

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