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Violences politiques -GUINEE-

5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 23:23

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De passage à Abidjan pour Ouagadougou où les forces vies guinéennes (partis politiques, syndicats et sociétés civiles) sont conviées à une Table ronde par le président Blaise Compaoré, facilitateur dans la crise guinéenne, François Lonseny Fall, président du FUDEC, parti d’opposition, a bien voulu se prêter à nos questions.

Monsieur le Premier ministre, vous avez lancé récemment un appel à l’union de la classe politique guinéenne, pour penser l’après-Dadis.

 Est-ce une volonté personnelle ou une concertation préalable ? En d’autres termes, quelles sont les chances de succès de cet appel auprès de cette classe politique, quand on sait qu’il y a des intérêts divergents ? Je voudrais simplement dire que pour qui connaît l’histoire de la Guinée, vous savez qu’en 50 années d’indépendance, la Guinée a connu des régimes successifs, qui n’ont toujours pas apporté la solution aux problèmes guinéens. Et ces gouvernements ont plutôt divisé la nation guinéenne. Nous nous trouvons aujourd’hui à une période cruciale de notre vie. Nous menons une lutte contre une junte militaire, pour rétablir l’état de droit en Guinée. Et nous le faisons avec une synergie de tous les partis politiques au sein des forces vives. C’est après avoir réfléchi mûrement avec les cadres de mon parti, le FUDEC, que j’ai lancé cet appel. Nous avons estimé qu’il faut gérer le départ de Dadis. Une fois qu’il est dehors, il faut le gérer de sorte que son départ ne plonge pas la Guinée dans une crise. Et je souhaiterais que cela se passe dans la paix. Et que l’après-Dadis soit géré par les forces politiques. Avec beaucoup d’intelligence et beaucoup de retenue. Raison pour laquelle j’ai lancé cet appel. C’est d’ailleurs l’attente des Guinéens de tout bord. Il faut donc que les leaders politiques de la Guinée se donnent la main, pour qu’ensemble, on puisse mettre les fondations qui puissent assurer la démocratie et l’état de droit.

Alors vous qui pensez déjà à l’après-Dadis, si votre appel reçoit un écho favorable, est-ce que vous allez coopérer avec le chef de la junte, avant son départ ou vous garderez-vous de tout contact avec lui ? Je voudrais préciser qu’avant de rendre publique cette déclaration, j’ai remis une copie à tous les leaders de la classe politique, à Abuja (Nigeria). Y compris les représentants de la société civile guinéenne. Il n’y a pas d’entente pour le moment. Nous ne nous sommes pas assis pour en discuter. Dadis est toujours-là. Notre combat aujourd’hui, c’est son départ. Nous pensons donc que nous ne sommes en mesure de discuter avec Dadis. C’est l’un de nos préalables. Je crois que nous allons à Ouagadougou pour demander la suite au médiateur la suite de la feuille de route qui a été élaborée par le Conseil de l’Union africaine qui a demandé entre autres le départ de Dadis et la mise en place d’une transition civile. Le départ de Dadis et du Cndd et la mise en place d’une transition civile. Dès que nous aurons cette transition civile et le départ de Dadis assuré, nous préparerons les élections avec une transition courte. Mais je dis encore que nous sommes en train de contacter tous les leaders politiques. Nous prenons le peuple guinéen à témoin. Les échos que nous avons de la diaspora guinéenne sont très favorables et je suis convaincu que le peuple guinéen aspire à la paix. Au bonheur et au développement. C’est notre rôle à nous. Nous ne voulons plus replonger la Guinée dans des déchirures inutiles. Je suis leader d’un parti qui aspire gouverner ce pays. Mais nous sommes prêts, nous-mêmes à donner l’exemple, en renonçant à nos ambitions. Afin que nous puissions nous donner la main pour gouverner ensemble ce pays.

Vous ne représentez pas un front uni et vous demandez le départ de Dadis. N’est-ce pas que vous mettez la charrue avant les bœufs ? Est-ce après le départ de Dadis que vous allez vous organiser pour proposer quelque chose aux Guinéens ? Nous formons un front uni en Guinée. Et c’est parce que justement nous formons un front uni que nous avons pu organiser cette démonstration le 28 septembre. Aujourd’hui, tous les partis marchent la main dans la main. Nous formons un front commun contre la junte en Guinée. S’il y a un dénominateur commun aujourd’hui en Guinée, c’est bien cela. Tous les partis politiques s’entendent parfaitement pour exiger le départ de Dadis. Nous avons mené la lutte ensemble, nous avons été arrêtés avec nos militants. Il est de notre devoir que de continuer. Ce n’est pas prématuré. Je pense que si nous proposons des solutions durables pour l’après-Dadis, cela aidera les Guinéens eux-mêmes à comprendre qu’après Dadis, ce ne sera pas le chaos. Cela permettra aussi à la communauté internationale de comprendre que les Guinéens pensent à l’après-Dadis et veulent trouver des solutions durables pour leur pays.

Qu’est-ce que vous envisagez pour l’après-Dadis ? Je crois que d’abord, il faut faire partir Dadis. Nous sommes déterminés à le faire, et nous avons déjà franchi des étapes depuis le 28 septembre. Nous avons eu l’appui de la communauté internationale. Vous savez au début de l’arrivée de Dadis au pouvoir, certaines personnes l’ont présenté comme Moïse, mais aujourd’hui, tout le monde se rend compte que ce n’est pas celui de la Bible. Car le Moïse de la Bible a conduit son peuple avec sagesse pendant 40 ans dans le désert, vers la terre promise. Mais le Moïse la Guinée a conduit le peuple à l’enfer et le chaos le 28 septembre en procédant à des massacres et des viols. Ce que nous cherchons aujourd’hui, c’est de recoller les morceaux, c’est-à-dire l’unité nationale qui a été touchée, il faut le dire tout le long de l’histoire de la Guinée. Nous u que les Guinéens se réconcilient avec eux-mêmes, qu’ils aient un programme commun et que pour une fois, on donne l’exemple d’un pays qui aspire à la paix. La Guinée a toujours été une interrogation pour tout le monde, nous avons connu trois Républiques et cela a toujours été la catastrophe. Nous voulons désormais sortir de ce cycle infernal. C’est la raison pour laquelle je lance un appel à tous les leaders de partis politiques pour pousser Dadis hors du pouvoir. Il faut que nous puissions lutter contre l’impunité et emmener les Guinéens à se réconcilier avec eux-mêmes. Que la communauté internationale fasse en sorte que Dadis soit jugé pour ses crimes et que pour une fois, les Guinéens essaient de se mettre ensemble pour mettre fin aux luttes interethniques afin que nous puissions ensemble regarder dans la maison Guinée ensemble avec la même vision.

Vous énoncez le départ de Dadis comme un point non négociable, pensez vous qu’avec Blaise comparé, vous pouvez obtenir le départ de Dadis ? Vous savez, le Président Blaise a une certaine expérience en matière de règlement de conflits en Afrique, mais dans le cas typique de la Guinée, je crois qu’il y a une feuille de route quand même qui a été établie par le groupe international de contact, par la Cedeao dont le Burkina est membre. Et donc, cette feuille de route a demandé le départ du Cndd. A ce sujet, je ne pense pas que cette question soit négociable. Nous pensons que ce que le médiateur peut faire, c’est que la communauté internationale l’a déjà aidé en lui indiquant la voie à suivre. Ce que le médiateur peut faire, c’est de faciliter les conditions de départ de Dadis et la mise en place d’une institution de transition qui peut déterminer les conditions d’une élection libre et transparente. C’est avec cette détermination que nous nous rendons à Ouagadougou. Tout le monde marche dans la même veine, afin de faciliter le départ de Dadis et du Cndd.

Revenons au 28 septembre, il y a une certaine information qui s’est propagée, selon laquelle vous aviez dans vos rangs, des mercenaires qui auraient fait usage d’armes à feu. Est-ce que vous confirmez cette information ? Ces allégations sont totalement dénuées de tout fondement. Je vous explique pourquoi. Premièrement, les mercenaires dont ont parle, étaient plutôt utilisés par le gouvernement. Tout le monde sait que les rebelles du Lurd au Libéra sont aujourd’hui utilisé par le Cndd. Deuxièmement, quand le Cndd a annoncé au lendemain du 28 septembre que nos militants avaient attaqué des commissariats de police avec des armes, je vous dirai non. D’ailleurs l’année dernière, des militaires ont attaqué le quartier général de la police et nous avons des éléments sonores qui indiquent que ce jour-là, Dadis faisait partie de ce groupe. Quand ils ont tué une soixantaine de policiers pour une affaire de drogue, l’armée a décidé de désarmer la police. Et aujourd’hui, aucun commissariat ne possède des armes. Comment voulez-vous que nos militants puissent désarmer les policiers ? C’est un grossier mensonge. A aucun moment, un civil n’a été pris avec une arme, même pas un bâton. Nous avons toutes les preuves que nous mettrons bientôt à la disposition de la communauté internationale.

 

 

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