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Violences politiques -GUINEE-

18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 10:23

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S/G USTG : « Faire venir Dadis alors qu'il n'est pas guéri est la meilleure façon de lui faire du tort...»


En marge de l’assemblée du Forum des Forces Vives tenue cevendredi au domicile de Jean Marie Doré à Donka et qui aboutit au choix de celui-ci et de Hadja Rabiatou Sérah Diallo comme candidats au poste de Premier ministre, Guinéenews© a rencontré Dr. Ibrahima Fofana.

Dans cet entretien, le Secrétaire général de l’USTG nous parle des critères ayant conduit à ce choix des deux premiers ministrables, évoque la cacophonie qui prévaut actuellement au sein de la junte après la déclaration du 14 janvier ainsi que le retour du Capitaine Dadis à Conakry.

Guinéenews© : Quels ont été les critères qui ont présidé au choix de vos deux candidats au poste de Premier ministre ?

Dr Ibrahima Fofana :
Je crois que ce n’est pas tellement sur la base de critères que les choix ont été faits jusqu’ici. Il est vrai que chaque groupe s’est réuni. Le Mouvement social s’est retrouvé à la brousse. Il avait deux candidats. Moi-même j’étais candidat avec Raby. Mais pour une question de cohésion du mouvement syndical, j’ai désisté en sa faveur. Nous avons présenté un candidat pour ne pas faire comprendre à l’opinion qu’il y a une scission dans la force syndicale que nous constituons. Au niveau des partis politiques, il y a eu des candidats qui se sont manifestés. Finalement ils se sont retrouvés et ont retenu une seule candidature en la personne de Jean Marie Doré. Je crois maintenant qu’il est question de sortir des critères et voir lequel des deux candidats répond mieux aux critères qui ont été définis. Jusqu’ici, si on a tenu compte des critères c’est à l’interne au niveau de chaque groupe qui a travaillé pour pouvoir présenter des candidats. C’est ce que nous sommes en train d’attendre.

Guinéenews© : Vous avez donc pu définir au moins le profil du candidat idéal ?

Dr. Ibrahima Fofana :
Bon ! C’est toute une page. On a parlé de la moralité de l’intéressé, de son niveau de formation, de son niveau de connaissance de la réalité économique, politique et sociale du pays. On a parlé également de son expérience en matière de gestion des affaires publiques, sa connaissance de la conjoncture internationale. Egalement de son sens de neutralité en ce qui concerne le maintien de la cohésion et de l’unité nationale. Tous ceux-ci sont des critères qui ont été mis dans la balance. Il y a un document consensuel élaboré entre les partis politiques et le mouvement social qui détaille un peu ces critères.

Guinéenews© : Le poste de premier étant un poste politique pensez-vous, au cas où Hadja Raby était retenue, qu’elle pourra être à la hauteur de la mission qui lui sera assignée ?

Dr. Ibrahima Fofana :
Vous savez en matière de gestion de l’Etat, ce n’est pas l’individu seul pris au sens pur du terme qui gère. C’est toute une équipe qui est derrière. J’estime que le candidat qui va être pris va se faire entourer d’une équipe compétente, expérimentée, patriote qui comprend les problèmes du pays, qui a la volonté de sortir le pays de la situation misérable dans laquelle il se trouve actuellement et qui est inacceptable. En tout cas c’est le vœu que nous exprimons. Je crois que, il en a été toujours ainsi, c’est une équipe qui gagne et non un seul individu.

Guinéenews© : N’était-il pas nécessaire que vous ayez au niveau du Forum des Forces Vives un seul candidat comme l’a dit le général Konaté dans son discours que de deux comme on est en train de voir. Est-ce que n’avez-vous pas le sentiment que vous lui compliquer la tâche avec deux noms ?

Dr. Ibrahima Fofana :
Je crois que les consultations ne sont pas terminées. Les discussions continuent jusqu’à ce qu’on puise dégager un consensus sur une personne qui va être présentée.

Guinéenews© : La liste des deux candidats n’est donc pas déposée encore ?

Dr. Ibrahima Fofana :
Non, elle n’est pas encore déposée. Mais nous sommes en pourparler au niveau des forces vives. Je pense que nous allons parvenir après examen des critères de choix qui ont été définis allant dans le sens du choix d’une seule personne. Parce que dans tous les cas, il va être question même si on retient un, de mettre en place une équipe pour gérer la transition. Cela se fera en tout cas dans les meilleurs délais.

Guinéenews© : Comment réagissez-vous à la déclaration faite le 14 janvier dernier par le collectif des membres du CNDD élargi aux différents chefs d’états major particuliers des armées ?

Dr Ibrahima Fofana :
Cette déclaration ne traduit que le manque de cohésion qui existe actuellement au niveau de la junte au pouvoir. Il n’y a pas une coordination tout à fait efficace à leur niveau encore. Si on a tout le temps parlé de la restructuration des forces de défense et de sécurité… le problème a été posé par le président Dadis lui-même. Il a dit qu’il ne maîtrise pas les forces de défenses et de sécurité. C’est une réalité. C’est un problème qui est là qu’il faut chercher à résoudre. C’est un des défis qui interpelle le général Konaté aujourd’hui pour qu’il continue à diriger les affaires de l’Etat. Il faut qu’il restructure l’Armée et y mette de l’ordre. Qu’il y ait un seul chef qui commande les forces armées guinéennes. Qu’il n’y ait pas de ceci ou de cela comme on est train d’assisté. Une armée n’a de valeur que quand il y a de l’unité et la discipline en son sein. Une armée divisée n’est pas une armée. Une armée avec plusieurs tendances de commandement n’aboutit pas à la paix dans un pays. Nous souhaitons vraiment que cette cohésion se retrouve dans l’armée guinéenne pour que nous puissions continuer à la faire confiance et qu’elle puisse jouer son rôle de neutralité dans la gestion politique du pays.

Guinéenews© : A votre avis le retour du Capitaine Dadis en Guinée peut-il contribuer à décrisper la tension ou au contraire va saper la dynamique de changement déjà en marche depuis le discours du général Konaté ?

Dr Ibrahima Fofana :
C’est qu’à mon avis, faire venir le Capitaine Dadis actuellement alors que son traitement n’est pas fini est la meilleure façon de lui faire du tort. Parce que la santé passe avant tout. On doit se préoccuper de sa santé plus que de son maintien au pouvoir aujourd’hui. Il qu’il y ait une évaluation objective de sa situation sanitaire pour qu’on décidé de ce qu’il doit être. C’est pourquoi d’ailleurs, le mouvement syndical dans sa lettre ouverte a posé le problème de clarification sur l’état du président. C’est à partir de là qu’on va définir le nouveau statut de Konaté. C’est à partir de là et de façon logique et objective, on pourra situer la position du président Dadis. S’il à même dans son état actuel de continuer à gouverner au niveau de la junte, il faut que celle-ci s’entende sur cela. Mais si son état physique ne lui permet pas de le faire, il faut qu’on nous le dise et qu’on le constate objectivement avec un bulletin de santé dûment établi à cet effet. Mais si on continue à semer la confusion et à interpréter sans qu’il n’y ait de clarification là-dessus, ça va être difficile.

Entretien réalisé par Camara Moro Amara

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