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Violences politiques -GUINEE-

24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 18:54

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De retour à Conakry où les tractations continuent pour la formation du gouvernement de transition, Cellou Dalein Diallo a salué l'évolution de la situation politique en Guinée.Peu avant son départ de Paris, le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG) livre son opinion sur l'accord de Ouagadougou signé par le Capitaine Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté, sans oublier la formation du futur gouvernement conduit par le doyen de l'opposition guinéenne, Jean-Marie Doré...

Lejourguinee.com : Monsieur Cellou Dalein Diallo, comment vous portez-vous aujourd’hui ?

Cellou Dalein Diallo :
Je me porte mieux. Grâce à Dieu, j’ai eu une bonne prise en charge, j’ai reçu un bon traitement. Je dois me soumettre à un dernier contrôle au début du mois de février et je pense que tout va bien.

Il y a eu beaucoup de concertations à Ouagadougou ces derniers temps entre M. Dadis Camara, Sékouba Konaté et Blaise Compaoré. Quelle analyse portez-vous sur l’accord de sortie de crise signé à Ouagadougou, avec des élections qui doivent être organisées dans six mois ? Je pense qu’il y a du progrès qui a été accompli à Ouagadougou, car on note un début de décrispation des fortes tensions politiques dans notre pays. Vous savez, il y a des personnes mal intentionnées qui ne veulent pas le progrès de la nation. Le plus important pour notre pays aujourd’hui, c’est la naissance d’une dynamique de dialogue et de concertation.

De plus, un problème sérieux qui était à l’origine du conflit entre le CNDD et les Forces Vives a pu être réglé: le renoncement à toute éventuelle candidature à la Présidence de toutes les personnes chargées de la gestion de la transition. En effet, le Général Sékouba a souhaité organiser des élections sans y prendre part et indiqué dans la déclaration de Ouaga, que ni lui, ni les membres du CNDD, ni le premier ministre, ni les membres du gouvernement de transition ne seront candidats aux prochaines élections.

Enfin, cette volonté d’organiser rapidement des élections dans six mois est un acquis non négligeable.

Un petit mot sur la délégation envoyée à Ouagadougou par le CNDD pour « ramener le capitaine Dadis Camara en Guinée ».

Ecoutez, je pense qu’il faut d’abord rendre hommage au Général Sékouba qui a su résister aux pressions des membres du CNDD, leur tenir un discours ferme, un discours responsable pour leur dire ce qu’aujourd’hui les guinéens sont en droit d’attendre d’eux : participer activement à la mise en œuvre d’une nouvelle dynamique, celle du dialogue, de la concertation et la promotion de la démocratie, c'est-à-dire l’organisation des élections libres et transparentes. Ainsi malgré les velléités de remettre en cause les engagements pris par le Général Sékouba lors de son discours du 23 décembre 2009, il a rappelé que la place des militaires est dans les casernes. J’espère qu’il va continuer à s’accrocher à cette position qui correspond effectivement aux attentes de la population. Donc je me félicite du fait qu’à Ouagadougou, il ait pu indiquer à ces militaires la voie de la sagesse et de la sérénité. J’espère que c’est une réalité avec laquelle il faudra désormais compter.

Comment qualifiez-vous M. Blaise Compaoré dans la sortie de crise de notre cher pays la Guinée ?

Rappelons que le Président Blaise Compaoré a été désigné comme médiateur par la CEDEAO. Au départ il a fait une proposition qui ne nous convenait pas en tant que Forces Vives et on l’a rejetée. Aujourd’hui, il semble qu’il a contribué à créer l’apaisement et à trouver un accord entre le Capitaine Dadis et le Général Sékouba, accord au terme duquel le premier transfère au second la gestion du pays et la conduite de la transition. Je crois qu’on doit lui rendre hommage d’avoir participé positivement à l’évolution de la situation guinéenne.

Quelle est votre réaction face à la main tendue du nouvel homme fort de la Guinée aux Forces Vives?

J’ai approuvé. J’ai marqué clairement mon appui à la nouvelle dynamique que le Général Sékouba souhaite crée, surtout en ce qui concerne l’organisation rapide des élections libres et transparentes.

Quelle est la position de votre parti l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, face au choix du ou des futurs premiers ministres?

La position de l’UFDG a été exprimée lors des concertations des Forces Vives. C’est donc avec notre accord que tout d’abord une liste de deux personnes a été soumise au Général Sékouba, avant qu’il ne nous demande de ne proposer qu’une seule personne. Aujourd’hui je me réjouis de constater qu’il puisse y avoir une équipe à la haute direction du pays comprenant non seulement le Général Sékouba Konaté et Jean Marie Doré mais également Hadja Rabiatou Diallo et le Général Mamadouba Toto Camara. Je pense que cette équipe reflète parfaitement les sensibilités socio-politiques du pays, ce qui pourrait être un atout s’ils réussissent à instaurer entre eux le dialogue et la concertation comme moyen de travail.

Ayant déjà occupé ce poste, quelle est la meilleure solution entre un seul premier ministre ou un premier ministre avec des vice premiers ministres ?

Le contexte n’est pas le même. Aujourd’hui nous sommes dans une crise institutionnelle alors qu’à mon temps, c’était la crise économique qui dominait. Il y a eu des tensions fortes qui ont été créées ça et là, allant jusqu’à la tribalisation des débats politiques. On a besoin aujourd’hui d’abord de rassurer les Guinéens, de réconcilier les Guinéens, de créer les bases permettant d’organiser des élections libres et transparentes, ce qui suppose la paix, l’arrêt de la violence, la sécurité des citoyens et de leurs biens, toutes choses qui demandent le concours de tout le monde. Il faut rassurer toutes les composantes de notre nation et c’est bien qu’au sommet de l’État qu’il y ait une équipe qui comprend justement des citoyens, des cadres ressortissants de toutes les communautés nationales dans cette phase de transition pour les besoins de la réconciliation, de la cohésion et de l’unité nationale.

Personnellement, est-ce que ce choix correspond au vôtre ?

Ecoutez, lorsque vous appartenez à une structure comme les Forces Vives, il y a des règles auxquelles vous êtes obligés de vous soumettre. Vous défendez vos positions, mais si vous êtes attachés à l’unité et à la position des Forces Vives, vous devez alors vous incliner face à la majorité parce que vous ne devez pas dire que c’est votre position ou rien. Je pense que Jean Marie Doré peut bien jouer le rôle de premier ministre dans la mesure où il a une forte expérience de l’opposition. C’est un homme cultivé, c’est un homme qui a longtemps milité dans l’opposition. Je pense qu’il sait ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. On espère qu’il fera ce qui est bon pour le pays.

Quels sont les blocages qui risquent d’empêcher la Guinée de nouer avec la démocratie ?

Il existe certaines tares qui gangrènent notre société qu’il faut absolument combattre. Je pense au régionalisme et au tribalisme. Il faut également créer les conditions permettant au peuple guinéen de choisir librement ses dirigeants, sans aucune influence de l’administration. Pour que chaque guinéen exprime son suffrage en fonction de ses propres convictions. Créer les conditions de sécurité sans intimidation, sans corruption pour que les leaders politiques soient choisis en fonction de leur programme et de leur projet de société, l’État étant là pour garantir la sécurité des citoyens, la transparence des suffrages et non pour les falsifier au profit de son candidat.

Êtes-vous permanemment en contact avec les Forces Vives ? Avez-vous une idée sur le déroulement des consultations pour la composition du gouvernement ?

Hier et aujourd’hui (ndlr : 19 et 20 janvier), ils étaient entrain de travailler d’abord sur les structures du gouvernement. Il faut combien de ministères ? Quels sont ces ministères ? Et on verra après comment les meubler…

Avez-vous parlé avec le Général Sékouba depuis qu'il a pris les affaires en main ?

Oui

Pensez-vous que toutes les mesures de sécurité soient réunies pour assurer la sécurité des leaders de l'opposition ?

Enfin, je ne peux pas le garantir. Mais je sais déjà que s’il y a la décrispation, si les tensions baissent, si la haine et la tribalisation du débat politique s’arrêtent et qu’il y ait un environnement plus serein, je pense que la sécurité des leaders et de tous le citoyens pourraient être mieux assurée. Je pense que la tendance actuelle permet d’espérer que cette sécurité va être mieux assurée.

Avez-vous un message à adresser aux Guinéens ou à une personne en particulier ?

Je demande aux Guinéens de combattre l’ethnocentrisme, de combattre la haine. On a frôlé la guerre civile parce que certaines personnes n’ont pas été suffisamment responsables. Ils ont cultivé la haine, ont fait prospérer les contradictions ethniques. Ce n’est pas bon pour la Guinée. Il faut qu’on travaille ensemble pour faire respecter par tout le monde les règles et les principes démocratiques afin de mettre en place un État de droit où tous les citoyens seront égaux. Et c’est pour cela que notre parti UFDG s’est engagé à combattre la dictature et à promouvoir justement son projet de société avec pour objectif majeur la mise en place d’un État de droit.

Interview réalisée par Oury Bah.

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