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Violences politiques -GUINEE-

15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 22:30

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Ancien ministre des Infrastructures et Premier ministre de Guinée, Cellou Dalein Diallo est leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG),une formation politique de l’opposition dans son pays. Il est aussi membre du Forum des Forces vives de Guinée. A la faveur de la 9ème réunion du Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G), Fasozine.com, votre quotidien en ligne, l’a rencontré. Il revient sur les conclusions de cette rencontre et sur les accusations dont il a fait l’objet, suite à une interview qu’il a accordée à la chaîne française de télévision France 24.

Fasozine.com: Quels sentiments vous habitent à l’issue de cette rencontre avec le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC-G)?


Cellou Dalein Diallo:
Cellou Dalein Diallo:
Une des conclusions de cette rencontre est la mise en place d’un gouvernement consensuel pour gérer la transition. Etes-vous prêt à travailler dans un tel gouvernement avec des membres issus du CNDD?

Cellou Dalein Diallo: Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut nécessairement que les partis politiques soient dans le gouvernement. Je souhaite qu’il soit mis en place un gouvernement de transition qui va être neutre et impartial par rapport aux élections. Les membres de ce gouvernement peuvent venir de la société civile, des structures religieuses au besoin mais pas des partis politiques. Mon souhait est que le CNDD et les partis politiques soient hors de ce gouvernement.

Vous avez été accusé par un membre du CNDD d’avoir non seulement salué l’attentat contre la personne du chef de la junte Moussa Dadis Camara, d’inciter l’armée à une insurrection et même d’être un complice de «Toumba» le soldat qui a failli ôter la vie au président du CNDD.

Cellou Dalein Diallo: C’est ridicule! Sidiki Diakité «Toumba» a été mon bourreau. C’est lui que j’ai vu conduire les bérets rouges au stade du 28 septembre. Ce sont ses éléments qui se sont livrés à des violences et tortures sur les civils. Je ne vois pas quel projet je peux avoir avec lui.
Je suis globalement satisfait, dans la mesure où le GIC-G a confirmé les positions déjà prises lors de ses précédentes réunions, notamment lors de la 8ème, à Abuja au Nigeria le 12 octobre dernier.

On vous soupçonne d’avoir eu le soutien de la France pour ce coup...

Cellou Dalein Diallo: Il y a des émissaires qui parlent aujourd’hui au nom du CNDD, sans faire attention aux conséquences qui peuvent découler de leurs propos et surtout aux conséquences que ces propos peuvent avoir sur la paix en Guinée. A mon sens, il faut décrisper la situation, rassurer la population, les leaders politiques civils et les militaires pour qu’un dialogue franc puisse s’introduire entre les différentes parties. Je déplore cette chasse aux sorcières qu’on fait. On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Un exemple: le militaire qui a été chargé de m’assassiner au stade lors des évènements du 28 septembre 2009, a été lui-même froidement assassiné lors de la guerre des clans au sein de l’armée. C’est lui qui m’a blessé à la tête, m’a cassé la côte, et a cru m’avoir tué au stade. Mais je déplore ce qui lui est arrivé. Je ne suis pas pour la méthode qui consiste à se faire justice soi-même. J’aurais souhaité qu’il réponde de ses actes devant un tribunal. Je suis par essence contre les violences extrajudiciaires, même si elles sont commises sur la personne de Dadis Camara. C’est pourquoi je condamne ce qui lui est arrivé. La Guinée est un Etat de droit. Tout acte commis contre un citoyen doit être jugé par un tribunal. Le coupable doit être aussi châtié. J’ai vu des choses horribles au stade le 28 septembre 2009. Des Guinéens torturer impunément d’autres Guinéens. Il faut que tout cela cesse. Lorsqu’une personne commet un crime elle doit répondre de ses actes devant un tribunal.

Vous avez tout de même salué les qualités de celui qui assumait désormais l’intérim à la tête de l’Etat guinéen, en l’occurrence le général Sékouba Konaté? Etait-ce le moment?

Cellou Dalein Diallo: On m’a fait dire sur la Radiotélévision guinéenne (RTG) que je me suis réjouis de l’attentat sur la personne du chef de la junte. Il semble que j’aurais été ingrat et cynique. Non! J’ai condamné ce qui est arrivé. «Toumba» et «Sankara», le chauffeur de Dadis Camara, qui m’a torturé, et les autres bérets rouges du 28 septembre sont des bourreaux. C’est incontestable. Je souhaite qu’ils répondent devant les tribunaux. Même si Dadis Camara est responsable de ce qui est arrivé au stade du 28 septembre, je souhaite qu’il soit arrêté et jugé devant les tribunaux. Mais pas qu’il soit violenté de manière expéditive comme ce fut le cas le 3 décembre 2009.

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