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Violences politiques -GUINEE-

10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 12:55

                           
                                                                                               
  Mon capitaine président! L'insécurité continue de sévir à Conakry et dans d'autres villes, suscitant un doute sur la volonté du CNDD de conduire la transition promise en décembre 2008.

  Il est évident que vous avez hérité d'une situation très critique, d'une armée en déliquescence, avec des soldats qui ne respectent aucune hiérarchie, mais encore quelle hiérarchie ? 

  Le général Conté, responsable principal de cette situation de l'armée, avait toujours, dans l'intention de garder le pouvoir, promu des soldats de base, qui s'illustraient, d'abord dans les exécutions mystérieuses, c'est le cas du commandant Barry Pariso, qui sera chargé de l'exécution du capitaine Mansaré, directeur de l'école militaire en janvier 1985, simplement pour sa proximité avec le colonel Diarra Taoré; l'exécutant lui même disparaîtra dans des conditions obscures; il y a également les purges de 1985, de 1996, le cas que vous aimez souvent évoquer sans aller loin, l'affaire du colonel Sama Panival Bangoura, et encore d'autres...

  Alors mon capitaine président! nous attendons beaucoup de la reforme de l'armée; la définition de son rôle, le respect scrupuleux de son rôle, et uniquement ce rôle, les questions du recrutement, ses relations avec la garde présidentielle, les questions des obstacles souvent érigés devant de vaillants soldats dans l'intention de freiner leur évolution...

  Mon capitaine président! Tout cela est impossible dans l'insécurité, et particulièrement, la violence des forces de l'ordre, dont certains éléments incontrôlés, circulant dans des véhicules civils ou militaires sans plaques d'immatriculation, rentrent dans les entreprises, au nom d'un contrôle qui incombe dans les conditions normales à d'autres services de l'Etat; puis c'est la grossièreté, humiliations, violence, le vol, ou entrent dans les domiciles, brutalisent ses occupants, les rançonnent , et partent souvent avec les véhicules de ces derniers, qui sont restitués plusieurs jours plus tard, en contrepartie d'une somme d'argent; et cela se passe aussi au camp Alpha Yaya et d'autres garnisons.

  Mon capitaine président! dans les premières heures de la prise du pouvoir, on peut s'expliquer la réquisition de véhicules, mais pourquoi ? Pourquoi certains militaires se livrent toujours à ces pratiques ?

  Surtout, que depuis votre discours du 15 avril :



  Un doute encore embryonnaire, mais en constante progression, continue de s'alimenter  de ces violences des forces de l'ordre, et l'on se demande si votre volonté de conduire une transition, avec pour objectif final doter le pays d'un nouveau départ, d'une renaissance, reste d'actualité. Vous mentionnez fréquemment, les apports de la lutte contre la corruption, et le banditisme, mais mon capitaine président! La sécurité des personnes et des biens reste la condition fondamentale d'un investisseur, et particulièrement, quand les auteurs de cette insécurité, viennent d'éléments des forces de l'ordre.

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