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Hyperdynamics accepte de renoncer à 70% de la superficie offshore de la Guinée.
Après trois ans de litige, la Guinée et la compagnie pétrolière américaine ont finalement réussi à surmonter leur différend. Un avenant a été signé le 25 mars à Conakry par le ministre guinéen de Mines et de la Géologie, celui de l’Economie et des Finances et le PDG d’Hyperdynamics, Ray Leonard.
Selon les termes de cet avenant, la société pétrolière texane, Hyperdynamics, va désormais disposer de 30% (environ 24 000 km²) de la superficie offshore de la Guinée, contre la totalité des 80 000 km², que lui conférait la convention de partage d’hydrocarbures signé en septembre 2006. Elle est ensuite placée dans l’obligation de restituer 25% de sa nouvelle superficie en septembre 2013, soit au terme de la seconde phase d’exploration.
L’accord trouvé à l’amiable prévoit « l’introduction très prochaine de Dana Petroleum dans la zone offshore guinéenne ». Mais la société britannique spécialisée dans la prospection et la production de pétrole, qui devrait prendre 23% de la concession de Hyperdynamics, doit attendre l’aval du gouvernement qui sera officialisé par un décret. « Un budget annuel de 200 000 dollars, indique Hyperdynamics, sera alloué à la formation du personnel de la Société pétrolière de Guinée et les sociétés (Hyperdynamics et Dana Petroleum) payeront un impôt superficiaire annuel de 2 dollars par km² ». Mais au-delà de la réduction de la zone contractuelle, l’avenant précise qu’Hyperdynamics renonce à son droit de priorité sur le reste de l’offshore guinéen. « Ce qui permet à la Guinée de disposer du reste de sa superficie et de le proposer à tout autre investisseur », note un analyste.
« Contrat avantageux pour la Guinée »
Pour l’heure, la Guinée refuse tout commentaire officiel sur ce nouvel accord. Mais la société américaine qui a failli constater l’annulation de sa convention en 2007, se dit aujourd’hui satisfaite par ce compromis trouvé après plusieurs années de tiraillement. Elle estime, par le canal de son PDG, que l’accord, très avantageux pour la Guinée, constitue une confirmation du caractère stratégique du contrat de partage d’hydrocarbures qui la lie à l’Etat guinéen. « Le contrat dans sa configuration originale n’était pas avantageux pour la Guinée. Il était inacceptable », reconnaît M. Ray Leonard. « L’approbation de l’avenant par le Conseil des ministres, avant sa signature, est la preuve que le gouvernement guinéen opte pour la transparence. Pour notre part, nous espérons localiser le potentiel pétrolier et effectuer le premier forage en fin 2011. Nous croyons que l'exploration sera fructueuse et la production contribuera substantiellement à l'économie guinéenne », a indiqué Ray Leonard.
Depuis 2007, la Guinée exige la révision de la convention de partage d’hydrocarbures qu’elle a signée avec Hyperdynamics, estimant ses intérêts lésés. Une commission interministérielle chargée de réviser le contrat avait jugé « inconcevable » l’octroi de toute la superficie offshore du pays à une seule société. Elle avait, par ailleurs, indiqué dans son rapport que le recouvrement des coûts pétroliers et le partage de la production, prévus à l’article 1.7, était inacceptable.
Cette disposition prévoyait 10% de royalties à payer au Gouvernement et une part maximale de 75% de la production était donnée à l’entrepreneur au motif de récupérer les dépenses pétrolières.
Par Ougna Camara, Conakry
lesafrique.com