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Violences politiques -GUINEE-

8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 20:02

 

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Nous avons obtenu une interview de M Bah Oury, vice-président de l‘UFDG, concernant les propos de N‘Körö Alpha Condé sur RFI



 

Guineeinformation : Bonsoir M Bah Oury; hier sur RFI, on a entendu le président, le nouveau président Alpha Condé faire des déclarations, qui nous paraissent un peu inquiétantes; quelles sont vos appréciations vis-à-vis des ces déclarations ?

 

Bah Oury : D’abord par principe, en général; lorsqu’un nouveau dirigeant s’installe; il a un discours de rassemblement; un discours qui va au-delà de sa base politique traditionnelle; mais contrairement à la tradition, monsieur Alpha Condé, on l’a entendu sur RFI hier matin; c’est un discours d’exclusion, un discours plein de sous-entendus; au lieu de rassurer la population; il nous rappelle certains accents, que certains de nos parents ont entendus dans les années soixante-dix; le terme anti guinéen n’est pas prononcé; mais c’est comme si, avec les termes de «trafiquants; les extrémistes seront neutralisés; ces hommes d’affaires qui font monter les prix»; tout cela montre une volonté de ne pas tenir compte de la réalité sociale, d‘aller à l’encontre de l’indispensable nécessité de créer un climat de confiance dans le pays; et ça remet en cause, disons, le discours, comme quoi, le professeur Alpha Condé veut tendre la main à son opposition politique; en d’autres termes, la vraie nature du professeur Alpha Condé s’est révélée dans cette interview; et je pense que le monde entier va le juger; par rapport à cela; ce n’est pas quelque chose qui pourrait permettre à la Guinée, d’espérer avoir un avenir serein; le professeur Alpha Condé est en retard d’environ une génération; parce que, lorsqu’il parle des hommes d’affaires; disant que c’est eux qui font monter les prix; et que malheureusement, comme il dit; ces hommes d’affaires soutenaient le camp d’en face; cela veut dire que pour multiples raisons; il n’a pas compris qu’un pays ne peut pas se développer; sans créer un climat de confiance; sans redonner un élan, et une force au secteur privé; et là, lui il s’attaque au secteur privé; et en considérant que certains ont un monopôle.

 

Il est tellement ethnocentriste, qu’il considère que tous les peulhs, comme il dit commerçants, constituent un groupe, une société, une entreprise unique; et que ceux-là détiennent le monopôle de l’économie du pays; c’est pour vous dire que ces thèses; qui dans l’Allemagne dans les années 30, avaient habité Hitler en disant que les juifs occupent l’économie, l’enseignement supérieur; ils sont partout, donc la seule façon de rééquilibrer les choses; c’est de les exterminer; et je pense que ce sont des faits, qui ont été utilisés ailleurs; et là quand on dit que ces commerçants, ces hommes d’affaires ont le monopôle de l’économie; je pense que, c’est extrêmement dangereux; et ça n’augure pas un avenir radieux, et serein; parce que dans les prochains jours, le Fonds Monétaire International, et la banque mondiale vont se présenter ici; si vous ne pouvez pas rassurer vos hommes d’affaires; vous ne pouvez pas rassurer le secteur privé national; les recettes du FMI et de la banque mondiale, est de demander de mobiliser les ressources intérieures; et avec les propos que nous avons entendus, au lieu de mobiliser les recettes intérieures, au contraire, on va assister à une évasion des recettes intérieures; on va assister à une délocalisation des activités économiques du pays; on va assister à une fuite des capitaux; à une fuite de savoir-faire; on invente pas la roue, ça existe déjà; pour avoir un homme d’affaires, qui a la compétence, qui a les relations internationales, de tout un processus; et la crédibilité ne s‘achètent pas; dans le monde des affaires; c’est la confiance, c’est la sérénité; et aussi disons, le respect d’une certaine éthique et déontologie; au lieu de rassurer; il est en train d’anéantir les efforts que nous sommes en train de faire, pour que ce pays puisse évoluer de manière un peu stable; et de manière paisible.



Guineeinformation : Qu’est-ce que vous dites sur l’accord qui avait été signé entre, l’alliance Arc-en-ciel et l’alliance Cellou Dalein Diallo Président, pour la mise ne place d’un gouvernement d’union nationale, là on a entendu le professeur dire que, c’est pas l’union des partis ?

 

 Bah Oury : Bon là, je pense que le général Sékouba Konaté, dans son esprit, c’était que quiconque gagne les élections, travaillerait avec le camp adverse; je pense que c’est ça qui était dans l’esprit du général Sékouba Konaté; et je pense qu’Alpha Condé a décliné sa conception de ce gouvernement d’union nationale; il a été très clair; c‘est un rassemblement qui permettrait de voir qu’il y a quelques peulhs dedans; des soussous, des malinkés; des foresteries des éléments syndicalistes, des éléments de la société civile; c’est une conception assez étriquée et étroite, de ce qu’on pouvait comprendre comme gouvernement d‘union nationale; d’ores et déjà; on a un aperçu ce qu’il entend faire; et l’UFDG n’a pas l’air de s’intéresser à cela; parce que nous avons d’autres objectifs, nous avons d’autres ambitions pour notre pays.

 

Vous savez que par exemple, pour le commerce de riz sur le marché international, il y a cinq multinationales au maximum; et ces cinq multinationales ont tissé des relations assez profondes; de confiance et de partenariat avec des hommes et des femmes, qui sont dans le secteur privé depuis plusieurs décennies; par exemple Alpha Amadou, il est dans le secteur privé; il est en relation avec des multinationales depuis 1972; ça fait pratiquement plus d’une trentaine d’années, donc il a un savoir-faire, une crédibilité; ce n‘est pas du jour au lendemain, qu‘on peut trouver n’importe quel quidam, qui peut avoir cette capacité disons de négociation, de crédibilité qui permettraient de débloquer des dossiers les plus lourds; donc, c’est pour vous dire, qu’un pays ne peut pas se construire; surtout dans le monde des affaires; dans le secteur de l’économie, s’il n’y a pas la confiance; il n’y a pas un environnement serein; parce que sans cela; il ne peut pas y avoir de progrès; à titre d’exemple, d’habitude, dès que la confiance revient, le franc guinéen prend un peu de consistance, mais malheureusement, depuis la proclamation des résultats définitifs par la cour suprême; au lieu que le franc guinéen se réapprécie par rapport aux devises; tout au contraire, il est en train de se déprécier, cela veut dire que les signaux qui sont perçus par les acteurs économiques; se sont des signaux d’incertitudes, des signaux d’inquiétudes; et je ne vois pas comment sans un revirement dans le discours, et dans la pratique gouvernementale de l’équipe que monsieur Alpha Condé mettra en place; je ne vois pas comment, il pourra redresser la barre; et cela va augurer un avenir, sur le plan social assez tendu.



Guineeinformation : Et qu’est-ce que vous attendez aujourd’hui du professeur Alpha Condé ?

 

 Bah Oury : Il doit avoir plus de soixante-dix ans, soixante-douze ans; mais mieux à faire, être un peu plus attentif aux réalités contemporaines; à la réalité économique, à ses contraintes, qui font que, ce ne sont pas des discours subjectifs; ou des animosités épidermiques; qui feront que les choses puissent changer. S’il n’évolue pas de ce coté là; c’est la Guinée qui risque de s’enfoncer encore davantage; dans des aventures politiques qui nous feront reculer; qui créeront encore plus de déshérités et de malheureux par rapport à ce que nous avons connu par le passé.

 

Mais en fin de compte, lorsqu’on dit que, ces hommes d’affaires qui ont soutenu l’UFDG; ont un monopôle, et quand, je vois autour de lui, un Mamadou Sylla; à cause de lui, en janvier-février 2007; avec des centaines de morts, que nous avons enregistrés; et une explosion sociale, d’une grande envergure; regardons les Fodé Bangoura; les Kiridi et compagnie; mais je dois dire qu’il est vraiment bien entouré; je trouve qu’il a de bons compagnons; malheureusement pour la Guinée, ce ne sont pas des compagnons pour faire avancer le pays.



Par rapport aux militants de l’UFDG, il faut garder confiance, le combat continue, mais notre bataille doit se poursuivre avec plus de vigueur; plus d‘intelligence; et qui doit s‘inscrire dans la durée; nous avons réussi à engager un profond mouvement de masse; d‘hommes et de femmes, de tous les horizons; il faut qu’on enracine cela; en renforçant la cohésion, plus unis, pour envisager la création d’une véritable alternative démocratique; pour toute la Guinée, sur des valeurs qui ne tiennent pas compte de l’ethnie, mais qui tiennent compte d’une volonté de changement démocratique; pour que les citoyens guinéens; quelles que soient leurs ethnies, soient heureux et libres, avec une vision qui permettrait à la Guinée de sortir de l’impasse dans laquelle, elle est confinée depuis très longtemps.



 Guineeinformation : Merci Monsieur Bah Oury

Bah Oury : merci. 

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