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Président Ibrahima Kassory Fofana à son arrivée à l’aéroport de Conakry le 10 mars 2010 :"Nous ne nous laisserons pas intimider".

Kassory_3
Chers Frères, chères Soeurs,

Après avoir fait le tour des capitales amies et des forces qui se mobilisent
pour construire l’avenir de notre pays, je reviens aujourd’hui parmi vous.

Je suis certain que les Guinéens et les Guinéennes attendent de moi que
je m’adresse à eux avec une franchise et une décision tel que la situation actuelle de la nation les réclame.

C’est avant tout le moment de dire la vérité. Toute la vérité.
Il ne nous faut pas craindre de faire face honnêtement à la situation actuelle de notre pays.

Cette grande nation saura se mobiliser en ce moment difficile comme elle
l'a toujours fait face aux défis qui ont jalonnes son histoire.

Notre nation revivra et prospèrera. J’en prend aujourd’hui devant vous
l’engagement solennel.

Nous ne nous laisserons pas intimider.

Nous ne nous laisserons pas dominer par la crainte qui anéantit les efforts
nécessaires pour transformer notre pays.

Chaque fois que nous avons été confrontes a l'épreuve, une main franche
et vigoureuse a trouvé auprès du peuple lui-même cette entente et ce soutien indispensables à la victoire.

Unis dans un même esprit et dans une même volonté, nous surmonterons
les difficultés. Car il ne s’agit, Dieu soit loué, que de questions essentiellement matérielles.

L'État Guinéen est pauvre et doit faire face à une chute sans précédent de
ses revenus.

Des milliers de familles n’ont pas le minimum requis pour assurer un présent et encore moins un avenir à leurs enfants.


Nos valeurs de civilisation millénaires se sont effondrées.

Des millions de nos concitoyens, sans emplois, doivent faire face à la dure
réalité de l’existence. Et un nombre tout aussi important peine sans grand profit. Seuls les esprits simples ou corrompus peuvent nier la dure réalité de la situation.

Pourtant notre détresse ne provient pas d’un déficit de richesses. La
nature nous a prodigué sa générosité. L’abondance se trouve à portée de mains.

Notre malheur n’est le résultat que de l’attitude de certains dirigeants et
des gouvernements qui ont échoué par leur propre obstination à l’enrichissement illicite et leur propre incompétence.

Ces personnes sans scrupule restent l’objet de la réprobation publique.

Les hommes les ont rejeté du fond de leurs cœurs et de leurs esprits.

Ils n’ont incité les populations à les suivre qu’en vue de leurs profits
personnels, et ils vous demandent encore aujourd’hui de leur rendre la confiance perdue.

Ils ne connaissent que la loi de l'égoïsme.

Et il leur manque une vision pour l’avenir sans laquelle le pays court a sa
perte.

Ma position est claire : les autorités de transition doivent entreprendre les
audits financiers a l'encontre de tous les candidats a la magistrature suprême pour que le peuple sache enfin la vérité.

Il nous faut revenir à nos valeurs traditionnelles. Le bonheur ne réside pas
dans la seule possession de biens. Il est dans le culte de l’effort créateur.

Le plaisir et l’encouragement moral que procure le travail ne doivent plus
succomber à la recherche égoïste de profits fugitifs.

Ces jours sombres nous récompenseront de tous les efforts qu’ils nous
auront coûtés s’ils nous apprennent que notre destinée n’est pas d’être assistés, mais bien de nous prendre en charge nous-mêmes.

Il n’y a pas de fatalité de la pauvreté et du sous-développement.

Reconnaître la fausseté des biens matériels comme critère du succès va
de pair avec la remise en question de la croyance selon laquelle les fonctions officielles et les plus hautes charges politiques se mesurent seulement à l’aulne de la fierté d’occuper un poste et en fonction du bénéfice personnel.

Il faut mettre fin à ces comportements car la confiance ne prospère que sur l’honnêteté et sur l’honneur, sur le respect des obligations, sur la protection fidèle des plus faibles, sur la poursuite de l'idéal altruiste.

Ce vendredi, après la prière, je vous invite à vous rendre dès 16h00 sur
l’esplanade du Palais du Peuple pour faire vivre notre rêve commun : la Guinée pour tous.

Dans ce dévouement à la nation, nous demandons humblement la
bénédiction de Dieu. Puisse-t-il nous préserver, puisse-t-il guider mes pas dans les jours à venir.

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