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Violences politiques -GUINEE-

24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 12:20
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Discours prononcé par François Lounceny Fall  Porte-parole du forum des forces vives à la 11 éme session du groupe international de contact sur la guinée.


Excellences,
Messieurs les CoPrésidents du Groupe International de Contact sur la Guinée,
Mesdames et Messieurs les membres du GIC-Guinée,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les participants à la 11ème session du Groupe International de Contact sur la Guinée,


Au nom du Forum des Forces Vives, il m’est particulièrement agréable de m’adresser à vous aujourd’hui, en ma qualité de nouveau Porte Parole.
La tenue en Guinée de la 11ème session du Groupe International de Contact sur la Guinée est l’heureuse illustration de l’évolution positive de la situation sociopolitique et sécuritaire, survenue depuis le 2 septembre 2009, date de la fin à Conakry de la 6ème session du Groupe International de Contact sur la Guinée.


Dans l’intervalle, nous avons eu les terribles événements du 28 septembre 2009, au cours desquels des milliers de nos compatriotes, manifestant pacifiquement  pour le retour à l’ordre constitutionnel, ont été blessés, arbitrairement détenus, torturés, tués ou violés par les Forces de défense et de sécurité. Face à ces crimes qui ont révolté la conscience universelle, toute la communauté africaine et internationale s’est mobilisée dans un élan de solidarité sans précédent. Un Médiateur de la crise guinéenne a été nommé, en la personne de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso. Une Commission internationale d’enquête sur les événements du 28 septembre 2009 a été constituée à la diligence du Secrétaire Général de l’ONU.

Le Groupe International de Contact et le Médiateur qui sont restés constamment au chevet de notre pays, ont abattu un travail colossal, dont les résultats ont été décisifs dans les progrès enregistrés, pour un règlement définitif de la crise guinéenne. Nous pouvons dire que toutes les bases de ce règlement ont été clairement posées par les résolutions de la 8ème  session du GIC-G tenue à Abuja le 12 octobre  2009. Ce communiqué que nous pouvons qualifier sans hésiter d’historique, avait été accueilli avec scepticisme par certains observateurs qui mettaient en doute son applicabilité. Mais avec le temps, chacun a réalisé jusqu’à quel point la donne a changé dans l’arène africaine et internationale. La quête de la liberté, de la démocratie et du respect des droits humains, constituent désormais le socle sur lequel reposent les aspirations légitimes des peuples.

A la suite de la grave crise qui a éclaté le 3 décembre 2009 au sein même de la junte militaire et qui s’est soldée par une tentative d’assassinat contre son chef, une importante déclaration a été signée le 15 janvier 2010 à Ouagadougou entre le Président et le Vice-Président du CNDD, sous l’égide du Médiateur. Bien que n’étant pas partie prenante de cette déclaration, le Forum des Forces Vives en a pleinement approuvé les termes.   

Ainsi, nous avons aujourd’hui une nouvelle donne politique dans notre pays, ouvrant des perspectives raisonnables de retour à l’ordre constitutionnel.
Il existe un large consensus entre toute la classe politique, le CNDD et les autres composantes de la société guinéenne, pour mettre en place une transition de six mois qui sera consacrée pour l’essentiel à la préparation des élections libres, transparentes et équitables tant attendues par tous.

Dans ce sens, des avancées notables ont été obtenues :

- Un Président de la Transition a été désigné, en la personne de Son Excellence le Général Sékouba KONATE ;
- Un Premier Ministre issu du Forum des Forces Vives a été choisi en la personne de notre ancien Porte Parole,  Monsieur Jean Marie DORE. Il a constitué un gouvernement d’union nationale de transition qui s’est déjà mis au travail;
- Un Conseil National de la Transition, organe délibérant chargé du contrôle
de l’action gouvernementale et du toilettage des textes constitutionnels, et des lois électorales préalables à la tenue dans les six mois d’élections, a été créé. A sa tête a été placée une Présidente, en la personne de Hadja Rabiatou Serah DIALLO issue elle aussi du Forum des Forces Vives ;
- La Commission Internationale d’enquête a déposé son rapport. Tous les espoirs sont permis quant à l’aboutissement de la procédure de mise en accusation  des auteurs et complices des massacres du 28 septembre 2009 ;
- La situation sécuritaire s’est améliorée, même s’il reste beaucoup à faire pour sécuriser les populations civiles et ramener les militaires dans les casernes. En témoigne, le retour au bercail de tous les leaders politiques qui avaient été contraints de se réfugier à l’extérieur du pays.

Mais tous ces acquis très positifs ne doivent pas masquer la fragilité de la situation politique et les nombreux écueils qui attendent la Transition. Il reste beaucoup à faire par les acteurs guinéens de la crise et toute la communauté internationale pour empêcher un retour à la situation dramatique que notre pays a connue il y a peu et qui a menacé jusqu’à son existence, en tant qu’Etat unitaire.

Dans ce sens, nous demandons à la communauté internationale que vous représentez ici de bien vouloir maintenir, voire renforcer sa solidarité avec le peuple guinéen en insistant sur les aspects suivants, pouvant favoriser la résolution définitive de la crise :

1. La signature dans les plus brefs délais de l’Accord Politique Global Inter-Guinéen, comme le stipulent les résolutions de la 10ème session du Groupe International de Contact sur la Guinée tenue à Addis-Abeba le 26 janvier 2010. Ce document qui sera la Charte de la Transition a intégré toutes les dispositions contenues dans la Déclaration de Ouagadougou du 15 janvier 2010. Le projet a été déposé depuis le 4 février 2010 auprès du Président de la transition, du Médiateur, de la CEDEAO et de l’Union Africaine.
Sans la signature de cet accord, nous pouvons dire que la présente transition est dépourvue de bases juridiques et politiques sérieuses indispensables à son succès, avec tous les dangers que cela comporte dans le contexte actuel.


2.  Apporter une assistance multiforme au Gouvernement de transition, et boucler à temps le financement des activités de la CENI afin qu’il puisse faire face à son engagement de tenir les élections dans les délais impartis.


3. Soutenir le Président de la Transition dans sa lourde tâche et particulièrement dans la restructuration des Forces de défense et de sécurité.


4. La levée de l’interdiction des activités politiques sur l’ensemble du territoire.


5. L’appui de la Communauté internationale pour faire annuler le contrat léonin signé avec la China International Fund, en dehors de toute procédure légale, et qui pourrait saper les fondements économiques, politiques, je dirai même, le processus démocratique.
 
Pour leur part, les Forces Vives se sont engagées à renforcer leur unité, à faire preuve de retenue et à soutenir pleinement l’action des autorités de la transition, afin d’en garantir le succès. Un échec aurait des conséquences catastrophiques que nous voulons à tout prix épargner au peuple de Guinée qui a déjà tant souffert.

Avant de clore mon intervention, je souhaiterai formuler un dernier vœu : c’est  celui de voir enfin la Guinée prendre le virage qui la conduira irréversiblement sur le chemin de la démocratie, source vivifiante de la sécurité et du développement durable.

terminer, permettez-moi de m’adresser à notre frère et ami, Dr Mohamed Ibn CHAMBAS dont le mandat s’achèvera très bientôt à la tête de la CEDEAO. Dr Ibn CHAMBAS a sans aucun doute marqué positivement la vie de notre organisation sous-régionale par son humilité, son dynamisme, mais surtout son engagement sans faille pour la mise en œuvre des principes cardinaux qui ont fondé la CEDEAO, à savoir le respect des engagements contractés par ses Etats membres pour l’avènement d’une intégration sous-régionale fondée sur les valeurs de démocratie, de bonne gouvernance et de respect des droits humains, valeurs sans lesquelles aucune intégration pérenne ne pourrait se faire. Le peuple de Guinée tout entier et les Forces Vives en particulier, je dirai même toutes les forces qui luttent pour faire de notre espace sous-régional un modèle d’intégration réussie lui resteront reconnaissantes et lui souhaitent plein succès dans ses nouvelles fonctions à la tête des ACP.  

A tous nos amis du GICG qui nous ont accompagné durant les moments d’épreuve, je réitère notre profonde gratitude.

Je souhaite plein succès à vos travaux.

Je vous remercie.

Conakry, le 22 Février  2010

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