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Qu’est-ce qui s’est passé avant le 27 juin, pendant, et jusqu’à ce jour dans nos institutions ?Pourquoi la Cour Suprême et la CENI ont-elles délibérément violé le code électoral ? Difficile de trouver des réponses, mais force est de reconnaitre qu’il y a eu beaucoup d’erreurs pour être gentil avec eux; mais dans la réalité, ils se sont conduits exactement comme avant dans l’organisation de cette élection.
Sans revenir sur le déroulement du scrutin, on peut néanmoins se demander, pourquoi c’est maintenant qu’on découvre que les membres des bureaux de vote, dont les présidents, vice-présidents et secrétaires n’ont bénéficié pour la majorité d’aucune formation ? Le guide du bureau de vote par exemple, n’a été mis à la disposition des secrétaires qu‘au dépouillement, pour ceux qui ont pu le recevoir.
Vous pensez que si les membres des bureaux de vote étaient mieux outillés, ils auraient laissé un électeur mandataire voter avec plus d’une procuration ? Moi, je ne pense que NON. Même si on aurait retrouvé ça et là de rares violations des procédures.
Pourquoi la RTG se contentait-elle toujours des commentaires des reporters, mais rien sur le fonctionnement des bureaux de vote à la télévision, et même pas une simulation ?
Toutefois si on avait scellé les urnes après y avoir rangé les bulletins, relevé et mentionné le numéro du scellé sur le procès-verbal, même si certaines ne parviennent pas à la Cour Suprême par la CENI en cas de contestation, comme en ce moment; les procès-verbaux remis au MATAP, et les procès-verbaux de recensement des votes dont une copie de chaque circonscription a été remise au magistrat, représentant la Cour Suprême, président des Commissions Administratives Centrales des Votes auraient facilité le rapprochement.
Mais je veux rester sur le dispositif de sécurisation de la transmission des résultats longtemps loué par Pathé Dieng, et glorifié partout par Ben Sekou Sylla; en considérant l’absence d’un président sortant, comme la véritable garantie de leur indépendance, et à ce propos aussi, mensonge, puisque l’administration, le ministère de l’intérieur ne joue plus désormais qu’un rôle d’assistant technique, et si les règles restent ainsi, la candidature d’un président sortant dans le futur n’aura aucune répercussion.
En prime, la Cour Suprême reconnait dans un premier temps avoir reçu les procès-verbaux du MATAP et de la CENI : « Vu les procès-verbaux, les fiches de dépouillement…, établis par les bureaux de vote; et les commissions administratives centrales de recensement des votes, transmis à la Cour Suprême le 09.07.2010 par le MATAP » et les procès-verbaux de la CENI le 05.07.2010». Mais après la lecture des requêtes, c’est une autre histoire, citation : « la cour a procédé à des investigations, à des vérifications, à des rectifications d’erreurs et d’anomalies dans les procès-verbaux des bureaux de vote et des commissions administratives centrales de recensement des votes des 38 circonscriptions électorales de la République exceptées MATAM, RATOMA, KANKAN, MANDIANA, et LOLA » fin de citation; et en conséquence les suffrages exprimés dans ces circonscriptions sont invalidés.
Supposons avérée cette thèse qui laisse entendre que la Cour Suprême n’aurait jamais reçu les procès-verbaux de ces 5 circonscriptions; est-ce que la Cour Suprême a adressé une réclamation à la CENI ? Je considère que non, parce que dans l’arrêt de la Cour, ne figure aucune mention d‘une telle démarche, ni une explication, elle s’est contentée d’une timide et laconique annonce.
Ces deux institutions sont dirigés par des incompétents avérés, avec certainement un peu de mauvaise foi. Pour la CENI, vous le savez bien qu’il a fallu faire appel aux réflexes d‘antan, c’est-à-dire saisir la Cour Suprême, afin d’obtenir une ordonnance de prorogation de la publication des résultats, en se référant aux articles 92 de la constitution, et 168 du code électoral, alors qu’en application de ces deux dispositions, la CENI ne peut pas saisir la Cour Suprême. Quant à cette dernière, non seulement elle prend l’ordonnance de prorogation, alors qu’elle n’a pas cette qualité, qui revient au législateur; par ailleurs, quand est-ce que l’arrêt de la Cour Suprême confirmant les résultats définitifs du premier tour a été pris ? 24 heures après le délai légal.
Et au-delà de l’incompétence, je me questionne sur l’impartialité de la Cour Suprême, particulièrement de certains de ses membres dont le secrétaire général Ibrahima Béavogui, qui expliquait hier, à bbc Afrique que si Cellou Dalein Diallo est passé à 43.68 %, et Alpha Condé descendu à 18%, c’est parce que "les votes des militants de Alpha Condé ont été invalidés à KANKAN, MANDIANA, et LOLA; mais il y a aussi RATOMA, et MATAM".
Cependant de la part d’un guinéen lambda, ça aurait pu être interprété comme un avis d‘un militant à défaut d’arguments, mais entendre le secrétaire général de la Cour Suprême, tenir ce type de propos pourrait amener à s'interroger sur l'impartialité de Ibrahima Béavogui.
Toutefois, les chiffres parlent d’eux-mêmes pour les 5 circonscriptions :
Cellou Dalein Diallo perd 164976 voix, soient :
| LOLA | 1486 |
| KANKAN | 7080 |
| MANDIANA | 1547 |
| MATAM | 14552 |
| RATOMA | 140311 |
| TOTAL | 164976 |
Alpha Condé recule de 144667 voix, avec :
| LOLA | 5592 |
| KANKAN | 70652 |
| MANDIANA | 34407 |
| MATAM | 10531 |
| RATOMA | 23485 |
| TOTAL | 144667 |
Une différence de 20309 voix pour les 5 circonscriptions.
Sur l’ensemble des suffrages invalidés, Cellou Dalein Diallo perd 290053 voix contre 229615 pour Alpha Condé.
A suivre…